Ukraine: une enquête redoute un bilan encore plus lourd après le bombardement du théâtre de Marioupol

Le théâtre de Marioupol, en Ukraine, après son bombardement le 16 mars 2022 alors qu'il abritait un millier de personnes. Photo publiée sur le site du gouverneur de la région de Donetsk, Pavlo Kirilenko, le 16 mars 2022 - Handout © 2019 AFP
Le théâtre de Marioupol, en Ukraine, après son bombardement le 16 mars 2022 alors qu'il abritait un millier de personnes. Photo publiée sur le site du gouverneur de la région de Donetsk, Pavlo Kirilenko, le 16 mars 2022 - Handout © 2019 AFP

Le bombardement avait profondément bouleversé l'opinion publique. Le 16 mars dernier, le théâtre de Marioupol, ville devenue martyre depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, avait été touché par un bombardement de l'armée du Kremlin. Au moment des faits, le bâtiment, situé au cœur de cette ville côtière devenue un objectif majeur pour Moscou, abritait plusieurs centaines de civils qui avaient trouvé refuge dans un bunker construit dans son sous-sol.

Reconstitution 3D et témoignages

Une dizaine de jours plus tard, la mairie livrait un premier bilan, tragique, de ces frappes. Selon la municipalité, 300 personnes avaient péri et 130 autres avaient pu être sauvées. Début avril, un député ukrainien avait quant à lui évoqué 400 morts. Or, selon de nouveaux travaux réalisés par les journalistes de l'agence américaine Associated Press, le bilan pourrait en réalité s'élever à 600 pertes civiles.

Pour en arriver à ce chiffre, le média s'est appuyé sur des reconstitutions en 3D des lieux, mais également sur les témoignages de survivants, qui ont permis d'affiner le nombre de victimes. Par exemple, ceux-ci ont fait état de l'existence d'une cuisine de campagne située à l'extérieur du théâtre, où une centaine de personnes auraient trouvé la mort.

La disparition de certains cadavres ou encore la présence de nombreuses victimes dans les tonnes de décombres pose également encore question. "La plupart des survivants ont suggéré que les corps avaient soit été pulvérisés dans la poussière des explosions, soit enlevés par les Russes", peut-on lire dans la très fournie enquête. Dans cette ville contrôlée en grande partie par l'armée russe et où les combats sont incessants, il est pour l'heure impossible pour des enquêteurs indépendants de se rendre sur place.

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Pour autant, les Mariupol's'kyj ne veulent pas se résoudre à oublier leurs disparus. En conclusion de cet article, Associated Press souligne que plusieurs centaines de familles ukrainiennes se regroupent, dans des conversations sur l'application cryptée Telegram, afin de retrouver des proches portés disparus. Sur les 19.000 messages envoyés, qui contiennent descriptions et photographies, 9600 concernent uniquement la ville de Marioupol.

Article original publié sur BFMTV.com

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