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Ukraine et désinformation russe au menu d'une réunion entre Paris, Berlin et Varsovie

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock et son homologue polonais Radoslaw Sikorski se saluent, le 30 janvier 2024 à Berlin (JOHN MACDOUGALL)
La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock et son homologue polonais Radoslaw Sikorski se saluent, le 30 janvier 2024 à Berlin (JOHN MACDOUGALL)

La lutte contre la désinformation venant de la Russie et le soutien accru à l'Ukraine figurent lundi au menu des discussions des ministres des Affaires étrangères français, allemande et polonais, réunis près de Paris.

Le nouveau chef de la diplomatie française Stéphane Séjourné a convié ses homologues allemande Annalena Baerbock et polonais Radoslaw Sikorski à une réunion en format "Weimar" au château de La Celle-Saint-Cloud, en banlieue parisienne, lieu historique et propriété du ministère des Affaires étrangères qui accueillit autrefois la reine Elisabeth II et la "First Lady" Jacqueline Kennedy.

Avant cette rencontre, le président Emmanuel Macron a reçu le Premier ministre polonais Donald Tusk à l'Elysée, scellant ainsi les retrouvailles entre Paris et Varsovie après des années diplomatiquement tendues sous le précédent gouvernement nationaliste du PiS.

Les deux dirigeants ont insisté sur la sécurité en Europe, au moment où le possible retour de Donald Trump aux Etats-Unis peut menacer la solidarité transatlantique.

Les ministres des Affaires étrangères dévoileront, eux, une nouvelle coopération contre les opérations étrangères de désinformation, venant notamment de Russie, a annoncé ce week-end Stéphane Séjourné. Ils feront conjointement état de nouvelles attaques informationnelles lancées par Moscou contre les trois pays.

"Nos trois pays ont été victimes de la même stratégie de déstabilisation. Lundi, on fera des annonces sur une nouvelle coopération contre la désinformation et des attaques informationnelles russes", a déclaré Stéphane Séjourné dans un entretien au quotidien régional français Ouest-France, paru samedi.

"On dévoilera de manière transparente aux opinions publiques les instruments de cette désinformation", a-t-il assuré, citant "des éléments concordants qui indiquent qu'il y a des opérations dormantes. Des outils activables à tout moment, notamment pendant une élection" dans les trois pays.

Selon le ministre, ces attaques visent à diviser les opinions publiques faute de cliver les dirigeants de l'Union européenne qui entendent poursuivre leur soutien à l'Ukraine en guerre contre la Russie.

Le jour même de sa prise de fonction, Stéphane Séjourné l'a martelé: "aider l'Ukraine, c'est garantir la victoire de la démocratie". C'est ainsi que Kiev avait été choisi par le ministre avant de se rendre à Berlin et Varsovie.

Lundi, lors de sa rencontre avec Donald Tusk, Emmanuel Macron, a, lui, insisté sur la nécessité de "renforcer" l'industrie de défense européenne, notamment pour "fournir des équipements stratégiques et des munitions à l'Ukraine".

De son côté, Donald Tusk a souligné vouloir "redynamiser" le "triangle de Weimar", selon le surnom donné à la coopération entre la France, l'Allemagne et la Pologne, mise en sommeil ces dernières années.

- Trump dans les esprits -

Paris, Berlin et Varsovie estiment que la coopération renforcée dans le cadre du triangle de Weimar est un moyen de consolider la position de l'Europe sur la scène internationale et de répondre plus efficacement aux défis communs. Car à eux trois, leur poids est considérable tant sur le plan géographique - puisqu'ils représentent à la fois l'Europe de l'Ouest, l'Europe centrale et l'Europe de l'Est - que sur le plan démographique avec quelque 200 millions d'habitants, soit près de la moitié de la population de l'UE.

Leur poids est aussi militaire (plus d'un quart des dépenses militaires) et politique avec une large représentativité.

Lundi, il sera aussi question du Proche-Orient et de la guerre à Gaza, autre grand sujet de préoccupation qui a semblé un temps éclipser la guerre en Ukraine. Stéphane Séjourné, qui était tout récemment dans la région, abordera notamment avec ses homologues la lutte contre le terrorisme, la libération des otages ou encore le cessez-le-feu humanitaire et les possibles initiatives pour éviter une escalade régionale.

Enfin les chefs de la diplomatie évoqueront les scénarios auxquels l'Europe doit se préparer face à l'éventualité du retour de Donald Trump à la Maison Blanche après la polémique du week-end.

L'ancien président républicain américain, en campagne, a semé le trouble en menaçant de ne plus garantir la protection des pays de l'Otan face à la Russie si ceux-ci ne payaient pas leur part, affirmant même qu'il "encouragerait" Moscou à s'en prendre à eux.

Dt/jf/sk