Ukraine : les combats se poursuivent dans l'est et le sud

Les forces ukrainiennes ont indiqué vendredi avoir bombardé des positions russes dans la région de Kherson (sud) --dont la quasi-totalité est occupée depuis les premiers jours de l'invasion--. Kiev redoute une annexion rapide par Moscou.

Depuis plusieurs jours, les Ukrainiens font état de combats dans cette région.

Le commandement opérationnel ukrainien a raconté qu'un groupe de reconnaissance infiltré dans ce territoire occupé avait vaincu des troupes russes, "s'emparant de leurs armements et moyens de communication".

Les autorités locales mises en place par Moscou réclament haut et fort une annexion. Un négociateur russe a évoqué le 1er juin l'organisation prochaine --peut-être en juillet-- d'un référendum dans les territoires occupés sur cette question.

Un projet qualifié d'"illégal" par Kiev et qui rappelle le référendum organisé par la Russie en Crimée en 2014, avant d'annexer la péninsule ukrainienne dans la foulée.

Les combats sont également intenses dans la région de Mykolaïv, voisine d'Odessa.

"Les Russes nous visent à l'artillerie lourde, que ce soit en ville ou dans les villages", a déclaré à l'AFP Vitali Kim, gouverneur de cette région, tout en se félicitant que les Russes aient reculé ces derniers jours. "Ils ne reviendront pas, nous ne les laisserons pas revenir", a-t-il assuré.

Frappes constantes sur Severodonetsk

Dans le Donbass, la bataille pour la ville-clé de Severodonetsk et sa jumelle Lyssytchansk continue, de plus en plus meurtrière.

Dans son habituel message quotidien du soir, M. Zelensky a fait état "de très violents combats" dans le Donbass.

"La Russie veut dévaster chaque ville du Donbass, chacune, sans exagération. Comme Volnovakha, comme Marioupol", a-t-il relevé.

"Les militaires ukrainiens font tout pour arrêter les attaques des occupants, autant que possible avec autant d'armes lourdes et de l'artillerie moderne" que l'Ukraine possède, "tout ce qu'on demandait et qu'on continue de demander à nos partenaires", a-t-il lancé.

Mais les combats se poursuivent dans Severodonetsk et les bombardements sont constants, a indiqué vendredi Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région.

Le chef d'état-major des armées ukrainiennes a précisé samedi matin que les Russes avançaient en direction de Novotoshkivske-Orikhove et avaient un "succès partiel" aux abords du village d'Orikhovo.

"L'ennemi continue de mener des assauts dans la ville de Severodonetsk", a-t-il poursuivi, précisant que quatorze attaques avaient été repoussées dans les régions de Donetsk et Lougansk en 24h.

Prendre Severodonetsk ouvrirait à Moscou la route d'une autre grande ville, Kramatorsk, étape importante pour conquérir l'intégralité du bassin du Donbass, région essentiellement russophone de l'est de l'Ukraine, en partie tenue par des séparatistes prorusses depuis 2014.

Selon l'état-major, l'armée russe se prépare à attaquer Slavyansk et Siversk, regroupant ses troupes et acheminant munitions et carburant dans cette perspective. Et le risque de frappes de l'Ukraine depuis le Belarus "persiste", a-t-il relevé.

La bataille est particulièrement meurtrière, avec "jusqu'à 100 soldats" ukrainiens tués et 500 blessés chaque jour, indiquait jeudi le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov. Les Russes ne disent rien sur leurs pertes.

Le chef de l'administration présidentielle ukrainienne Andriï Yermak a annoncé samedi matin "la mort pendant la guerre" d'un journaliste militaire, l'officier Oleksiy Chubashev. Il n'a pas donné de précision sur les circonstances du décès de celui qui a été responsable d'un programme de recrutement et de la télévision militaire ukrainienne.

Armes lourdes au compte-gouttes

L'Ukraine pourrait toutefois reprendre Severodonetsk "en deux, trois jours", dès qu'elle disposera d'artillerie occidentale "de longue portée", avait assuré jeudi M. Gaïdaï.

Les Ukrainiens ne cessent de réclamer à leurs alliés occidentaux de nouvelles armes plus puissantes.

La livraison de systèmes de lance-roquettes multiples, notamment des Himars d'une portée d'environ 80 km, soit légèrement supérieure aux systèmes russes, a été annoncée par Washington et Londres.

Dans ce contexte, le ministre britannique de la Défense Ben Wallace a fait une visite non annoncée de deux jours à Kiev. Le président Zelensky l'a remercié pour le rôle moteur de Londres dans le soutien occidental à l'Ukraine.

"Les Britanniques font preuve d'un vrai leadership dans les questions de défense", a insisté le président ukrainien dans son message du soir.

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