Ukraine: bombardé le 1er janvier, l'hôpital pour enfants de Kherson veut continuer de soigner

Oleksy Matchenko, médecin chef-adjoint de l'hôpital pour enfants de Kherson, à côté d'une couveuse abritant un enfant de 6 jours - BFMTV
Oleksy Matchenko, médecin chef-adjoint de l'hôpital pour enfants de Kherson, à côté d'une couveuse abritant un enfant de 6 jours - BFMTV

Les cloches célébrant la nouvelle année sonnaient encore quand l'hôpital pour enfants de Kherson a été massivement bombardé par l'artillerie russe. L'attaque n'a pas fait de victimes malgré la fragilité des jeunes patients: dans une couveuse, un bébé né il y a six jours apparaît déjà comme un miraculé de la guerre. Huit impacts et plus 700 vitres brisées ont été dénombrés à l'issue de l'attaque.

Il y a eu "beaucoup de destructions: les vitres brisées, les murs partiellement détruits, les portes aussi. Et les enfants se trouvaient là comme le personnel. Les frappes visaient spécifiquement les bâtiments de l'hôpital", détaille Oleksy Matchenko, le médecin chef-adjoint de l'hôpital.

Dans la section qui accueille habituellement les enfants de deux à dix-huit mois, les murs et fenêtres sont partiellement détruits et des débris jonchent à présent le sol. Heureusement, il a été évacué dès la première alerte.

Un bombardement "terrifiant"

"Pour nous, c'est terrifiant. Et je ne pense pas seulement pour nous, mais pour toute l'humanité. C'est terrible. Mais vous voyez vous-même, s'il y avait des enfants ici, avec tout ce mélange de béton et de verre, ça aurait été impossible", partage Natala Mlutikova, la cheffe du service des nouveaux-nés, avant d'être interrompue par une détonation lointaine. "Et ça continue", lâche-t-elle la gorge serrée.

Dès les premiers impacts, c'est une des infirmières, de garde ce soir-là, qui a emmené tous les enfants hospitalisés dans les sous-sols de l'hôpital, à l'abri des bombardements.

"Oui, ils avaient peur, mais on les a calmés. Ils me disaient: 'c'est quoi ça, le tonnerre?', et moi je répondais 'oui bien sûr c'est le tonnerre, tout va bien, descend avec nous'", raconte-t-elle.

Viser les infrastructures de santé, une stratégie russe

Depuis la libération de Kherson, les médecins avec qui les correspondants de BFMTV présents sur place ont pu échanger dénoncent des frappes quotidiennes sur les hôpitaux. Au regard du droit international, il s'agit d'un crime de guerre.

Ces bombardements en rappellent d'autres, notamment celui de l'hôpital pédiatrique de Marioupol qui avaient fait trois morts dont une fillette le 10 mars. En novembre, l'OMS avait tiré la sonnette d'alarme après avoir dénombré plus de 700 attaques sur des établissements de santé depuis le début de la guerre.

Article original publié sur BFMTV.com