Ukraine: un avion de patrouille américain a-t-il aidé les Ukrainiens à couler le Moskva?

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Le croiseur russe Moskva, photographié en flammes, avant de couleur dans la mer Noire jeudi 14 avril 2022 - BFMTV
Le croiseur russe Moskva, photographié en flammes, avant de couleur dans la mer Noire jeudi 14 avril 2022 - BFMTV

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Le 13 avril dernier, l'Ukraine se targuait d'avoir neutralisé le navire amiral russe Moskva en mer Noire, avant qu'il ne coule le lendemain. Une semaine plus tard, le quotidien The Times affirme que cette opération, analysée comme un revers stratégique majeur pour l'armée russe, a possiblement été menée à bien grâce au concours des Américains.

Le journal britannique, se basant sur les données disponibles sur le site de suivi aérien Flightradar, assure qu'un avion de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine américain était présent en mer Noire au moment où a eu lieu l'attaque du Moskva.

Présent au bord de la mer Noire le 13 avril

L'avion mentionné, le P-8 Poseidon, est un petit bijou de renseignement. Produit par Boeing, il a pour objectif de localiser en mer les navires ennemis, mais également les sous-marins, en larguant des bouées acoustiques. C'est l'appareil le plus sophistiqué au sein de l'arsenal américain dédié à cet objectif, avec une valeur atteignant les 400 millions d'euros.

Le Times révèle que le 13 avril, un P-8 Poseidon a décollé de la base militaire américaine de Sigonella, située non loin de la ville de Catane, en Sicile. L'avion est pour la première fois détecté à 13h32 heure de Kiev au-dessus de la Méditerranée. Il survole ensuite les Balkans et la Bulgarie, avant d'atteindre les côtes roumaines bordant la mer Noire.

Comme a pu le confirmer BFMTV.com en utilisant l'outil "retour en arrière" de Flightradar, l'avion identifié comme un P-8 Poseidon par le Times était bien présent au-dessus du village roumain de Valea Nucarilor, à proximité immédiate de la mer Noire, le 13 avril aux alentours de 15h30.

À cet instant précis, l'avion de l'armée américaine se trouve à moins de 200 km de l'endroit où a été retrouvé le Moskva. L'avion disparaît ensuite des radars pendant trois heures, le pilote du P-8 ayant très certainement éteint le transpondeur - un outil enregistrant la position - de son appareil, comme c'est le cas lors de l'entrée dans une zone de conflit, ont assuré des experts militaires au Times.

L'avion réapparaît finalement à 18h23 sur la côte roumaine, avant de disparaître à nouveau des écrans radars 20 minutes plus tard. Il rentrera finalement à la base de Sigonella vers 20h.

Quant au croiseur Moskva, les premières informations relatives à son attaque remontent à 20h42, et ont été transmises par un volontaire ukrainien sur Facebook, indique le Times. Plus tard dans la soirée, c'est le gouverneur d'Odessa qui confirme l'attaque.

Une chronologie plausible

Cette chronologie, sans venir attester d'un véritable lien de causalité entre la présence d'un avion de patrouille maritime américain en mer Noire et l'attaque par les Ukrainiens du croiseur russe, laisse néanmoins entrevoir la possibilité que l'US Navy ait pu transmettre aux Ukrainiens la position du bateau russe afin de mener son attaque, réalisée avec au moins un missile "Neptun".

"Juste après sa réapparition (de l'avion, ndlr), on apprend que le Moskva a été frappé. En-tout-cas qu'il y a eu un 'incident surprenant' comme disent d'abord les autorités ukrainiennes. Et il se trouve très certainement que les Américains ont donné la position du Moskva à l'armée ukrainienne. Ce ne sont pas des suppositions, ce sont des observations. C'est sûr que ça pourrait coller tout ça", analyse Patrick Sauce, éditorialiste politique internationale pour BFMTV.

D'autant que le P-8 Poseidon est identifié dans l'après-midi du 13 avril à moins de 200 km d'où a été retrouvé le Moskva. Or, toujours selon des experts mentionnés par le Times, le P-8 Poseidon peut cartographier une zone de plus de 354 km de diamètre. Il a donc été en mesure de localiser le Moskva.

Lors de l'attaque du navire amiral, des centaines de marins russes se trouvaient à bord. Et malgré les appels publiés sur les réseaux sociaux de nombreux proches de disparus, le Kremlin se refuse toujours à commenter le nombre de pertes humaines liées à cette attaque, analysée comme une humiliation pour Moscou.

Article original publié sur BFMTV.com

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