UE: Tusk et Juncker passent le flambeau

Le président sortant du Conseil européen Donald Tusk a symboliquement remis ses pouvoirs ce vendredi 29 novembre à Charles Michel. Le Belge prendra ses nouvelles fonctions dimanche, pour 2 ans et demi. Le 30 novembre 2019 correspond aussi à la fin du mandat de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne.

À l’heure de passer le flambeau, Donald Tusk a brièvement tracé le bilan de ses cinq ans à la tête du Conseil européen, un mandat avec un scénario à la Hitchcock, selon l’ancien Premier ministre polonais : le sauvetage de la Grèce empêtrée dans la crise financière, les tragédies migratoires en Méditerranée, la multiplication des attentats terroristes et finalement le Brexit.

Donald Tusk quitte ses fonctions à la tête du Conseil européen avec l’estime, malgré tout, des 28 capitales entre lesquelles il a souvent réussi à forcer un compromis. Il sera toujours dans le paysage européen, dans ses nouvelles fonctions comme président du PPE, le parti de la droite traditionnelle, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet.

Au moment de passer le relais, Donald Tusk a lancé un appel au maintien de l’unité européenne, une tâche qui échoit désormais à l’ancien Premier ministre belge Charles Michel, qui reprend le flambeau en promettant d’œuvrer à une Europe sûre d’elle, affirmée et confiante. Charge à lui, maintenant, de démontrer sa propre capacité à construire des compromis entre les priorités souvent contradictoires des gouvernements.

Le nouveau président du Conseil européen, le Belge Charles Michel, a promis une Europe « confiante et sûre d'elle », leader dans le domaine de la lutte contre le changement climatique, lors de sa passation de pouvoir vendredi avec son prédecesseur Donald Tusk. Dans un court discours, après avoir rendu hommage à Donald Tusk, l'ancien Premier ministre belge a dévoilé ses priorités, notamment faire de l'Europe le « leader mondial de l'économie verte ». « Nous devons trouver une voie qui fonctionne pour tous les pays », a-t-il assuré.

Lors de ses adieux, les critiques de Juncker qui visent Macron

De l’autre côté de la rue, à la Commission européenne, pas de cérémonie de passation de pouvoir à Ursula Von der Leyen, seulement les adieux de Jean-Claude Juncker, qui a lui aussi subi de plein fouet les crises européennes durant son mandat, un mandat qu’il avait présenté comme celui de la dernière chance.

« J'ai faim ! » a été le mot de la fin de la courte séance de questions-réponses au cours de laquelle il a critiqué la mise à mort par Emmanuel Macron du système des spitzenkandidat instauré en 2014 pour désigner le président de la Commission et il s'est livré à une savoureuse anecdote sur l'écoute de son téléphone portable par les services des présidents américain Bill Clinton et français Jacques Chirac en 1997.

«  L'idée de ne pas répéter le spitzenkandidat en 2019 a été une faute », a déclaré Jean-Claude Juncker. « C'était une petite avancée démocratique et on l'a supprimée pour des raisons obscures », a-t-il ajouté. « J'aurai été le seul élu avec ce système, je n'aurai pas eu de successeur », a-t-il ironisé. Une critique directement adressée au président français, adversaire déclaré de ce système instauré par les groupes politiques du Parlement européen pour désigner le président de la Commission. Le président français Emmanuel Macron a refusé ce système en 2019 et récusé Manfred Weber, le candidat désigné par le Parti populaire européen arrivé en tête au Parlement lors des élections européennes.