UE: la présidence roumaine de tous les dangers

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Bucarest prend les rênes de l'Union européenne en plein Brexit, alors que la politique roumaine est en crise. Périlleux.

Prenez un gouvernement europhobe et placez-le à la tête de l'Union européenne (UE), alors qu'il est totalement novice en la matière : c'est la situation inédite dans laquelle se trouve la Roumanie. Ironie du calendrier, c'est durant sa présidence, qui a débuté le 10 janvier, que vont se jouer des événements cruciaux pour l'Europe : Brexit le 29 mars, élections européennes du 23 au 26 mai, sans oublier le sommet des 27 dirigeants, à Sibiu, dans l'ouest de la Roumanie, le 9 mai. Son ordre du jour, à lui seul, a de quoi intimider: avenir de l'euro et de la politique étrangère européenne, ratification du partenariat économique avec le Japon, négociations sur le budget communautaire d'après-2020. "Il faudra aussi finaliser les négociations sur la réforme du "Paquet mobilité" [transport routier] et sur la taxation des Gafa [les géants de l'Internet], poursuit Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes. Et nous aimerions relancer la question des migrations, qui n'a pas du tout progressé durant la présidence autrichienne." 

Baptême du feu

Un vrai baptême du feu pour Bucarest, qui n'aborde pas ce défi dans les meilleures conditions. Car le pays traverse une crise politique majeure. "La cohabitation entre le président de centre-droit, Klaus Iohannis, et le gouvernement social-démocrate (PSD), dirigé par la Première ministre Vorica Dancila, se passe très mal, résume Radu Magdin, expert politique à Bucarest. La société n'a jamais été autant polarisée."  

En cause, le projet de réforme judiciaire mené par le gouvernement. Officiellement, il s'agit de corriger les abus d'une justice qui se comporterait, selon le pouvoir, comme un "Etat dans l'Etat". Le chantier, engagé en 2016, s'est accéléré l'an dernier: le Code pénal a déjà fait l'objet de dizaines d'amendements, et la cheffe du parquet anti-corruption (DNA), Laura Codruta Kovesi, a été limogée le 9 juillet pour avoir "enfreint la Constitution". Elle est surtout "coupable" d'avoir épinglé, pour faits de corruption,...Lire la suite sur L'Express.fr

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