"UberProf" : des députés Nupes dénoncent le processus de recrutement des contractuels pour la rentrée

Manuel Bompard lors de la campagne pour les élections législatives, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 10 juin 2022. - Nicolas TUCAT / AFP

Après la diffusion de notre reportage sur le recrutement des contractuels par l'Éducation nationale, de nombreuses personnalités politiques de gauche ont réagi. Elles dénoncent un "scandale d'État".

"Insupportable. Inacceptable. Impardonnable." C'est la réaction de la députée La France Inousmise (LFI) Danièle Obono à notre enquête sur le recrutement des contractuels dans l'Éducation nationale, diffusée ce lundi. Comme elle, plusieurs parlementaires de la Nupes ont dénoncé les conditions dans lesquelles ces personnels non titulaires ont été embauchés pour pallier la pénurie de professeurs.

Pour postuler, pas besoin d'avoir réussi le concours : une simple licence et un casier judiciaire vierge suffisent. L'une de nos journalistes a candidaté au sein de l'académie de Versailles. Malgré son inexpérience et sa méconnaissance de certains aspects du métier, elle a rapidement été recontactée et après des entretiens d'une trentaine de minutes, elle a reçu plusieurs propositions pour enseigner dès cette rentrée.

"UberProf, voici la solution du gouvernement face au manque de postes dans l’Éducation nationale", a dénoncé le député LFI Manuel Bompard après la diffusion de notre reportage. Avant de regretter : "Dommage pour les enfants !"

"Maltraiter ainsi l'école est un scandale d'État"

"Supprimer des postes. Abîmer la fonction publique. Libéraliser l'école. Mettre les enseignants sous pression. Recruter des contractuels à toute vitesse avant la rentrée. Créer les conditions de tensions entre tous. Se plaindre que l'école n'est pas à la hauteur", a asséné de son côté le député Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

"Maltraiter ainsi (l'école) est un scandale d’État", a appuyé le député écologiste des Yvelines Benjamin Lucas.

"En quelques années, les libéraux ont tout détruit. Ont dégoûté tout le monde", a estimé Damien Maudet (LFI). "La Macronie s’est évertuée pendant 5 ans à détruire l’Éducation nationale et en voici les conséquences", a jugé quant à elle Ségolène Amiot (LFI).

Une "situation tendue" avant la rentrée scolaire

Plusieurs députés appellent ainsi à la mobilisation. "La macronie ne connaît qu’une chose, c’est le rapport de force. Donc tous avec les personnels de l’éducation !", ajoute David Guiraud, député LFI de la cinquième circonscription du Nord.

Jeudi, le ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, reconnaissait une "situation tendue" avant la rentrée scolaire. Il se disait cependant optimiste quant à sa promesse d'avoir "un professeur devant chaque classe" et annonçait, en parallèle, un concours de titularisation exceptionnel pour les contractuels au printemps 2023.

Article original publié sur BFMTV.com

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