Uber Files: Nicolas Bouzou répond aux accusations

Le président de la République Emmanuel Macron n'est pas la seule personnalité à être impliquée dans les
Le président de la République Emmanuel Macron n'est pas la seule personnalité à être impliquée dans les

Le président de la République Emmanuel Macron n'est pas la seule personnalité à être impliquée dans les "Uber Files" qui dénoncent les pratiques de l'application à son arrivée en France. L'économiste Nicolas Bouzou, entre autres, l'est également (photo d'archive prise en juin 2018 en Charente-Maritime). (Photo: Regis Duvignau / Reuters)

UBER FILES - Emmanuel Macron n’est pas seul à être pris dans les phares des VTC. Dimanche 10 juillet, plusieurs médias dont Le Monde et les antennes de Radio France ont publié une série d’articles incriminant Uber, le géant de la mise en relation entre véhicules avec chauffeurs et particuliers. Une application mondialement connue et dont le lobbying à son arrivée en France sont dénoncées par les enquêtes de plusieurs médias internationaux dont Le Monde et Radio France.

Ainsi, plusieurs articles reviennent sur la manière dont l’actuel chef de l’État aurait contribué, sous l’impulsion des cadres de l’application, à faciliter l’accès d’Uber au marché français. Mais le président de la République n’est pas la seule personnalité dont le nom est cité...

On y trouve aussi plusieurs économistes, responsables, selon les révélations de presse, d’avoir contribué à améliorer l’image d’Uber lors son déploiement dans l’Hexagone en offrant un récit particulièrement positif pouvant être martelé dans les médias. Le tout en échange de contreparties sonnantes et trébuchantes.

Une étude facturée 10.000 euros

C’est notamment le cas de l’économiste libéral Nicolas Bouzou. Dans un article publié par Le Monde -qui évoque également le rôle d’autres universitaires comme Augustin Landier et David Thesmar-, on peut ainsi lire que Nicolas Bouzou a “noué un partenariat avec Uber au printemps 2015”. Une coopération qui prend la forme d’une étude rédigée par l’économiste au nom de son cabinet de conseil, qui est “facturée 10.000 euros hors taxes” et “assortie d’un service après-vente auprès de la presse et des parlementaires”.

Parue en 2016, cette étude assure que l’arrivée de la plateforme en France pourrait “créer plus de 100.000 emplois” et Nicolas Bouzou a largement médiatisé les conclusions.

Des attaques auxquelles l’intéressé à répondu ce lundi 11 juillet, alors que l’affaire fait de plus en plus parler, et cela après avoir donné au Monde sa version des faits. Dans un message publié sur Twitter, l’économiste défend ainsi la manière dont il a procédé en travaillant avec Uber, assurant n’avoir rien à se reprocher.

Dans cette publication, Nicolas Bouzou commence par rappeler que son cabinet est “financé par le secteur privé” et qu’il ne “reçoit pas de subvention publique”. Une manière de balayer toute accusation de malversation ou de tromperie, et ramener sa mission pour Uber à une simple prestation marchande. Ou plus prosaïquement à du lobbying.

Vision néo-libérale, tout simplement

D’autant que l’économiste poursuit en évoquant sa “déontologie”, à savoir: “Toujours publier le nom du financeur, être transparent sur la méthode, sourcer l’intégralité des chiffres, utiliser un maximum de sources publiques et mettre nos travaux à disposition des contradicteurs.” Un cahier des charges qui a été respecté, selon lui, au cours de la réalisation de l’étude pour Uber, l’entreprise ayant même “signé la charte éthique” de son entreprise, garantissant une “totale indépendance”.

Surtout, l’économiste défend sans les citer ses prises de parole médiatiques particulièrement laudatives à l’égard d’Uber. ”À titre personnel, je me réjouis de l’entrée des VTC sur le marché français des transports urbains”, peut-on lire dans son communiqué. “Je défendrai toujours la concurrence, la liberté d’entreprendre et l’innovation qui sont des moteurs du progrès économique et sociale.”

Et d’ajouter que la “concurrence est aussi souhaitable dans le domaine des études économiques où les institutions publiques ne doivent pas être mises en position de monopole”. Une manière, encore une fois, de dire que la polémique née de l’article du Monde n’a pas lieu d’être et qu’il a simplement agi d’un point de vue néo-libéral en interaction avec une entreprise évoluant dans le même système de pensée.

À voir également sur Le HuffPost: Filmé à son insu, le PDG d’Uber s’énerve contre l’un de ses chauffeurs ruinés

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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