"Uber Files": La majorité minimise les révélations

La présidente du groupe LREM Aurore Bergé, le 5 novembre 2021. (Photo: Sylvain Lefevre via Getty Images)
La présidente du groupe LREM Aurore Bergé, le 5 novembre 2021. (Photo: Sylvain Lefevre via Getty Images)

La présidente du groupe LREM Aurore Bergé, le 5 novembre 2021.  (Photo: Sylvain Lefevre via Getty Images)

UBER FILES - Alors que l’opposition s’offusque des révélations publiées par Le Monde et plusieurs médias internationaux sur les liens étroits tissés entre la compagnie Uber et Emmanuel Macron, la majorité fait front pour défendre le président.

Dans le cadre des “Uber Files”, le quotidien conclut à l’existence d’un “deal” secret entre Uber et Emmanuel Macron à l’époque où ce dernier était ministre de l’Economie (2014-2016). Le quotidien fait notamment état de réunions dans le bureau du ministre, de nombreux échanges entre les équipes d’Uber France et Emmanuel Macron ou ses conseillers, citant notamment des comptes-rendus de réunions rédigés par le lobbyiste Mark MacGann. Sont pointées du doigt certaines pratiques du ministre de l’Économie destinées à aider Uber à consolider ses positions en France, comme le fait de suggérer à l’entreprise de présenter des amendements “clés en main” à des députés.

“Il n’y a pas de deal”

Interrogés sur ces révélations, de nombreux membres de la majorité crient au faux scandale. “Il n’y a a pas de deal”, a martelé Aurore Bergé, présidente du groupe LREM à l’Assemblée nationale, sur CNews. “Il y a un ministre qui a reçu un grand chef d’entreprise”, balaie-t-elle.

“On est en train de se dire qu’il y a un scandale du simple fait qu’il y a un ministre de l’Économie qui a reçu des acteurs économiques”, s’insurge, sur BFMTV, Prisca Thévenot, députée LREM des Hauts-de-Seine. “Si ça c’est un scandale, on va avoir des scandales à la pelle dans les semaines, les mois à venir.” Et de souligner que “Roland Lescure, ministre de l’Industrie, reçoit des industriels, Marlàne Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale et solidaire (ESS), reçoit des acteurs de l’ESS”.

“Une tempête dans un verre d’eau”

Sur le sujet Uber, “on peine à voir ce qui est répréhensible”, a tweeté l’ancien secrétaire d’État chargé du numérique Cédric O, pour qui la véritable question est “de savoir si oui ou non son implantation en France a été une bonne chose socialement et économiquement”.

″Ça va être une nouvelle tempête dans un verre d’eau”, a commenté Emmanuel Capus, sénateur Horizons. “Ce sont des échanges assez anodins entre un ministre et un acteur économique. La démocratie fonctionne extrêmement bien, s’il y a des faits répréhensibles, on le saura.”

“Totalement dans son rôle”

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a pour sa part jugé qu’Emmanuel Macron ”était totalement dans son rôle de ministre de l’Économie en ayant des contacts avec le président d’Uber et en cherchant à ouvrir le marché des plateformes en ligne”, qui faisaient partie à l’époque des “nouveaux marchés porteurs”, a-t-il affirmé en marge du sommet “Choose France” à Versailles.

Une des responsabilités d’un ministre de l’Économie, “c’est de faire en sorte qu’il y ait de la concurrence sur un certain nombre de marchés pour que nos compatriotes puissent payer moins cher un certain nombre de services”, a-t-il insisté.

De son côté, l’opposition s’apprête à demander des comptes à la majorité. Alors que Sébastien Chenu, porte-parole du groupe RN à l’Assemblée nationale évoque “le premier scandale du quinquennat”, le député Insoumis Alexis Corbière ne ferme pas la porte à l’ouverture d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur cette affaire.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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