Les "Uber Files" font resurgir cette archive de Macron pendant la campagne de 2017

Interrogé sur "l'ubérisation de la société" en 2017, Emmanuel Macron assurait, en référence à Uber et aux compagnies de VTC, n'avoir "jamais défendu les intérêts de l’un ou de l’autre".

POLITIQUE - “Des archives qui font mal”. Ce lundi 11 juillet, après les révélations d’un consortium de médias internationaux sur Uber et son implantation en France facilitée par Emmanuel Macron ministre de l’Économie, les oppositions de gauche et d’extrême droite relayent avec insistance l’extrait d’un passage télé où le candidat en campagne est interrogé sur “l’ubérisation de la société”.

Le 6 avril 2017, Emmanuel Macron est invité de L’émission politique sur France 2. Le candidat à la présidentielle présente son programme face à des contradicteurs, parmi lesquels Sayah Baaroun, chauffeur VTC, secrétaire général du Syndicat Chauffeurs Privés VTC. Sayah Baaroun reproche à Emmanuel Macron la proximité entre son entourage et “l’écosystème du VTC”, évoquant précisément un déjeuner dans un restaurant de luxe.

Il affirme qu’Alexis Kohler, alors directeur de cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, aurait fait à cette occasion du “lobbying” auprès des parlementaires aux côtés de représentants d’entreprises de VTC. L’article de Rue89 mentionné par le syndicaliste, accessible ici, relate bien un déjeuner en juin 2016 entre plusieurs dirigeants d’entreprises et des députés et sénateurs, mais ne fait pas mention du proche d’Emmanuel Macron.

C’est cet extrait, visible à partir de 1h19 dans la vidéo ci-dessous, que les oppositions se partagent ce lundi.

“On s’est battu pour avoir une loi [la loi Thévenoud, qui encadre l’activité de VTC]. Qui est-ce que je trouve en train de faire du lobbying dans un restaurant de luxe? Votre directeur de cabinet! [...] Au mois de juillet, on voyait clairement votre directeur de cabinet, des députés, des sénateurs en train de manger avec l’écosystème du VTC”, tacle Sayah Baaroun.

Démenti ferme d’Emmanuel Macron: “Je n’ai jamais défendu les intérêts de l’un ou de l’autre. Ce que je dis juste, c’est que je défendrai toujours les emplois qu’on crée. Et la deuxième chose, c’est que je défendrais toujours une juste régulation”, assure-t-il.

Un peu plus tôt, revenant sur son bilan à Bercy, il assurait “s’être battu pour qu’il y ait des entrepreneurs ou des salariés qui, dans le cadre des VTC puissent développer leur activité et qu’on ne les bloque pas.” “Je ne suis pas pour détruire de l’activité. [Uber], c’est une façon de rentrer dans l’activité mais il faut améliorer les choses”, promettait le candidat à la présidentielle.

À l’heure des révélations sur les relations entre Emmanuel Macron et l’ancien PDG de Uber Travis Kalanick, Mathilde Panot, cheffe du groupe LFI à l’Assemblée nationale, n’a pas manqué de souligner “des archives qui font mal”. “Lourd de sens”, écrit Franck Allisio, porte-parole du RN, tandis qu’Hélène Laporte, aussi porte-parole et députée lepéniste, estime que cette vidéo “prend un tout autre sens”.

Réagissant aux révélations du consortium de médias, les soutiens d’Emmanuel Macron ont déploré “une nouvelle tempête dans un verre d’eau”, selon le sénateur Horizons Emmanuel Capus. “On peine à voir ce qui est répréhensible”, a tweeté l’ancien secrétaire d’État chargé du numérique Cédric O, pour qui la véritable question est “de savoir si oui ou non son implantation en France a été une bonne chose socialement et économiquement”.

Les partis de la NUPES réclament pour leur part l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire.

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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