"Le typographe de Whitechapel" : Rosie Pinhas-Delpuech retrace le destin du réinventeur de l'hébreu moderne

·1 min de lecture
© DR

Londres, 1904. Le quartier de Whitechapel est un cloaque, ses murs lépreux abritent des sweat-shops où s'agglutinent hommes, femmes et enfants trimant plus de seize heures par jour. Juifs, ils fuient les pogroms qui frappent l'Europe de l'Est. "Nos frères [...] ont formé un ghetto en tous points : ils sont exploités, inorganisés, vivant de débrouille. Le juif est une créature qui se noie dans le crachat et dont le sang n'a même pas la valeur d'un crachat", observe Yossef Haïm Brenner, natif d'Ukraine, ancien de l'armée russe, embarqué avec la diaspora, qui deviendra l'un des plus grands écrivains de la deuxième aliyah (1904-1914) et, surtout, réinventera l'hébreu moderne.

Persuadé qu'une langue noble est le meilleur moyen de redresser un peuple condamné à ramper d'exil en exil dans un monde où l'antisémitisme flambe, il veut remettre au goût du jour celle des livres fondateurs du judaïsme, l'hébreu. La langue sacrée a été supplantée par le yiddish, qui hybride l'allemand, le français, l'anglais, l'hébreu et s'épanouit dans l'oralité. 

Une envoûtante enquête linguistique

Son projet fou prend corps dans une revue littéraire, HaMéorer ("l'éveilleur"), qui va poser les fondements d'un hébreu modernisé mais également servir de manifeste culturel et idéologique - Brenner militera toute sa vie pour le respect du peuple juif. En 1909, lassé de la pauvreté, hanté par une bipolarité qui le fait plonger de dépressions en grands projets, Brenner émigre en Palestine et œuvre à forger ce q...


Lire la suite sur LeJDD

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles