Tyler, The Creator, l’esprit décape

Libération.fr

Deux ans après «Cherry Bomb», le rappeur californien révèle «Scum Fuck Flower Boy», cinquième album solaire et émancipé. Surprise : c’est aussi le meilleur disque hip-hop de ce début d’été.

Les bookmakers et les devins de la critique misaient, pour dégonder le rap en ce début d’été, sur Vince Staples et son Big Fish Theory. Adoré pour sa verve et sa capacité à épanouir son verbe entre les mailles des tendances du moment, l’auteur du sombre hit viral Norf Norf, originaire de la mythique Compton et adoubé tout minot par le collectif Odd Future, promettait un feu d’artifice pour son deuxième album et personne ne saurait lui reprocher d’avoir menti. Pourtant si l’on sait gré à Big Fish Theory, avec ses nappes techno élaborées dans les labos de pointe des producteurs Sophie ou Jimmy Edgar, de nous sortir du train-train de la toujours plus ubiquiste trap d’Atlanta, on a l’impression d’avoir quelque peu perdu le rappeur dans une mélasse de couleurs criardes et d’effets survoltés qui ne lui vont pas très bien au timbre.

Contre toute attente, c’est à son «aîné» Tyler, the Creator, seulement plus vieux de deux ans mais plus haut gradé chez Odd Future (qu’il a cofondé) et présent dans les tuyaux médiatiques depuis bien plus longtemps, que l’on doit le plus étrange émoi esthétique de la mi-juillet. La surprise est d’autant plus plaisante que le plus casse-cou des rappeurs californiens, déboulé en 2009 en sauveur d’un hip-hop follement connecté, débridé et pas une seconde embarrassé de l’être, était en sévère perte de faconde depuis Wolf (2013) au point que pas grand-monde n’avait passé beaucoup de temps à se battre contre les coups de sirocco soniques du pénible Cherry Bomb (2015), et qu’un survol hâtif de ce nouveau Scum Fuck Flower Boy pouvait donner l’impression d’une suite sans éclat de son œuvre, malgré la présence de quelques stars dont Frank Ocean, ex-crooner officiel d’Odd Future, ou Pharrell Williams.

Edification. A l’inverse de nombre de mixtapes que l’on s’inflige les (...)

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