Twitter : L’offre délirante d’Elon Musk à ses employés

Être « à fond » ou partir : les employés du réseau social ont jusqu’à jeudi 17h pour cocher une case qui déterminera leur avenir dans l’entreprise.

TWITTER - Elon Musk n’est plus à un coup d’éclat près depuis qu’il a racheté Twitter. Le nouveau patron du réseau social a ainsi demandé individuellement aux employés du réseau social de s’engager, d’ici ce jeudi 17 novembre, à se donner « à fond » pour l’entreprise, faute de quoi ils seront licenciés, selon un courrier interne.

« Pour bâtir un Twitter 2.0 révolutionnaire et réussir dans un monde de plus en plus concurrentiel, nous allons avoir besoin d’être à fond, à l’extrême », a écrit le nouvel actionnaire majoritaire de la plateforme dans cette communication interne.

« Cela signifie travailler de longues heures à haute intensité », a-t-il poursuivi. « Seule une performance exceptionnelle vaudra une note suffisante. »

Le dirigeant a invité les employés à adhérer à son approche en cliquant sur une case « oui » et expliqué que s’ils ne le faisaient pas avant ce jeudi à 17h heure de New York, ils quitteraient Twitter avec une indemnité correspondant à trois mois de salaire.

Une méthode qui détonne même aux États-Unis où le droit du travail est moins protecteur des salariés que dans beaucoup de pays développés.

À son arrivée à la tête du groupe de San Francisco fin octobre, Elon Musk a congédié la plupart des hauts responsables de l’entreprise, et d’autres ont démissionné, le laissant quasiment seul aux commandes.

Il a fait venir des ingénieurs de son fleuron Tesla pour l’aider à évaluer les employés de Twitter, avant de licencier environ la moitié des 7 500 salariés de la plateforme, à peine une semaine après le rachat.

Sérieuses turbulences

Mercredi, lors d’une audience dans un procès concernant sa rémunération chez Tesla, le milliardaire a assuré que les cadres de Tesla étaient venus sur la base du volontariat.

Il a précisé qu’une « restructuration fondamentale de l’organisation » de Twitter serait « probablement » terminée cette semaine.

Une fois la frénésie des débuts passée, « je pense que je réduirai le temps que je passe à Twitter et trouverai quelqu’un d’autre pour diriger » l’entreprise, a-t-il souligné.

« C’est une excellente nouvelle !! » a réagi l’analyste Dan Ives de Wedbush, qui relaie les inquiétudes du marché et des investisseurs de Tesla au sujet du comportement du multi-entrepreneur. « Tout ce cirque chez Twitter doit cesser… Cela nuit à l’image de marque (de Tesla) » a commenté Dan Ives jeudi dernier.

Le réseau social traverse de sérieuses turbulences, marquées notamment par le retrait de plusieurs annonceurs majeurs, qui ont interrompu leurs achats d’espaces publicitaires sur la plateforme, principale source de chiffre d’affaires pour le groupe.

Elon Musk a prévenu les équipes de Twitter que la société risquait la faillite si elle ne parvenait pas à générer davantage de revenus dans les mois à venir.

Dans son style habituel, le fantasque dirigeant a alterné ces derniers jours les menaces, les prophéties, les décisions abruptes et les sarcasmes.

Plusieurs ingénieurs ont été licenciés depuis lundi pour avoir questionné ou critiqué le nouveau patron, sur Twitter ou sur la messagerie interne de l’entreprise, d’après leurs tweets et ceux d’Elon Musk.

« Je voudrais présenter mes excuses pour avoir viré ces génies. Leur immense talent sera sans aucun doute très utile ailleurs », a ironisé mardi celui qui se présente comme le défenseur ultime de la liberté d’expression.

VIDÉO - Carrière, engagement, anecdotes : découvrez le parcours hors-normes d'Elon Musk

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