Twitter : la certification payante, usine à fake news avant les élections américaines de mi-mandat ?

24 heures avant les élections américaines de mi-mandat, les craintes de désinformation sur Twitter s'intensifient. En cause : la modification du système de vérification.

Jusqu'ici, le système permettait de déterminer si les comptes dont les utilisateurs obtenaient des informations étaient authentiques et qu'il n'y avait pas usurpations d'identité. Demain, il suffira de payer 8 dollars par mois et votre compte obtiendra la fameuse petite coche bleue gage d'authenticité.

Actuellement, seuls certains profils peuvent demander cette certification, notamment les gouvernements, les entreprises, les médias et les personnalités politiques, culturelles ou sportives. Ils peuvent perdre leur insigne s'ils ne respectent pas les règles de la plateforme.

C'est l'une des transformations annoncées depuis le rachat de Twitter par Elon Musk il y a peine deux semaines.

Une initiative qui suscite la controverse car de nombreux utilisateurs pourraient se faire passer pour des personnalités publiques et envoyer de fausses informations.

Elon Musk prône une vision absolue de la liberté d'expression. Et il a beau promettre que le réseau social ne deviendra pas "invivable", il ne rassure pas les annonceurs qui se disent inquiets quand à la modération des contenus. Surtout quand il relaie de la désinformation, comme quand il a retweeté dimanche une théorie du complot sur l'agression du mari de Nancy Pelosi, la cheffe des démocrates au Congrès. Il a lui-même supprimé son message par la suite.

Résultat : de grandes entreprises comme le constructeur automobile américain General Motors a retiré temporairement ses publicités sur Twitter. Et une coalition d'une soixantaine d'associations ont appelé les annonceurs à boycotter la plateforme tant qu'elle ne se sera pas engagée à être "un lieu sûr".

Vendredi, le réseau social a licencié environ la moitié de ses 7500 employés, on compte 15% de départs dans les équipes de modération des contenus. L'entreprise a assuré que le volume quotidien d'actions de modération était resté "stable" cette semaine.