"Ses tweets n'allaient pas du tout" : en pleine affaire Quatennens, Rousseau se paie Mélenchon

Sandrine Rousseau et Jean-Luc Mélenchon à Paris le 1er juin 2022 - JULIEN DE ROSA / AFP
Sandrine Rousseau et Jean-Luc Mélenchon à Paris le 1er juin 2022 - JULIEN DE ROSA / AFP

La députée écologiste regrette le tweet de soutien du patron de la France insoumise à Adrien Quatennens. "Les partis politiques sont des lieux de fidélités, de loyautés, tout autant que d’adversités, raison pour laquelle il est si difficile de faire avancer les choses", analyse l'éco-féministe.

Le malaise dépasse les bancs de la France insoumise, en pleine tempête médiatique depuis que le député Adrien Quatennens a reconnu avoir giflé sa femme dimanche dernier. Les tweets de soutien de Jean-Luc Mélenchon, un intime de l'élu, sont dans le viseur de Sandrine Rousseau.

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"Les partis sont des lieux de loyautés"

L'ancien candidat à la présidentielle est pointé du doigt depuis sa réaction au communiqué de presse d'Adrien Quatennens qui évoquait des violences conjugales sur sa femme et son retrait de ses fonctions de coordinateur de la France insoumise.

Dans un premier temps, le septuagénaire a "salué le courage et la dignité" de son lieutenant. De quoi susciter une polémique, de Marine Le Pen qui a dénoncé "la formulation terrible" de ses mots à Aurore Bergé, qui a jugé ces "propos inacceptables".

Le patron de la France insoumise a eu beau essayer de se rattraper quelques heures après, expliquant ne pas être "indifférent" à l'épouse du député et rappelant qu'une "gifle est inacceptable dans tous les cas", le mal semble être fait.

Pour analyser cette loyauté sans faille vis-à-vis de celui que beaucoup imaginaient succéder à Jean-Luc Mélenchon à la tête de LFI, Sandrine Rousseau évoque la particularité du monde politique.

"Les partis sont des lieux de fidélités, de loyautés, tout autant que d'adversités, raison pour laquelle il est difficile de faire avancer les choses en interne", estime encore Sandrine Rousseau.

Les femmes des partis "accusées"

Avant de regretter que "les femmes de ces partis" soient "accusées" de "ne pas agir puis de le faire, d'agir trop vite puis trop lentement, de se prendre pour la justice puis de ne pas le faire".

"Et surtout, (on ne demande) jamais rien aux hommes", avance-t-elle encore.

L'élue écologiste juge que c'est la réaction des femmes de la France insoumise, dont le malaise était palpable lors d'une conférence de presse, qui a été pointée du doigt, plus que celle de l'ensemble du groupe.

Lors d'une question posée par des journalistes sur le tweet de Jean-Luc Mélenchon, ce sont Mathilde Panot et Clémentine Autain qui ont été interrogées et non d'autres cadres du parti comme Alexis Corbière ou Manuel Bompard.

"À la fin, ce sont les femmes qui trinquent"

Son constat est partagé par la députée LFI Aurélie Trouvé, jugeant qu'"à la fin, ce sont les femmes qui trinquent", citant "celles qui subissent des violences", "celles qui doivent gérer sous le feu des critiques" et "celles qui doivent rendre des comptes parce que 'le sujet vous intéresse'".

Plusieurs membres de la France insoumise ont d'ailleurs pris leurs distances avec les propos de Jean-Luc Mélenchon.

"Ce sont les mots" de Mélenchon, "pas les miens"

"Ce sont ses mots, pas les miens", ont toutes deux répondu à des journalistes la députée européenne Manon Aubry et la parlementaire Clémentine Autain.

Pascale Martin, députée LFI de Dordogne, a également haussé le ton, dénonçant des "tweets qui révèlent une minimisation des faits qui ont été commis et une méconnaissance de la réalité des violences conjugales". Élise Leboucher, députée insoumise de la Sarthe, a également "apporté son soutien" au communiqué de presse de sa collègue.

Le parti espère désormais que "le retrait du travail parlementaire" d'Adrien Quatennens, annoncé par Danièle Obono ce mardi soir sur BFMTV, permette à la tension de redescendre.

Une autre affaire pourrait prendre le relais: celle visant Julien Bayou. Sandrine Rousseau a évoqué lundi soir des faits de "nature à briser la santé morale des femmes". Europe-Écologie-Les Verts a reconnu qu'une enquête interne était ouverte depuis juillet.

Article original publié sur BFMTV.com

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