La Turquie voit d’un mauvais œil l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Otan

PHOTO ADEM ALTAN / AFP

“Nous suivons attentivement les derniers développements concernant la Suède et la Finlande, mais nous n’avons pas un avis positif”, a averti le président turc, alors qu’Helsinki a officialisé cette semaine son souhait d’adhérer à l’Otan et que Stockholm s’apprête à lui emboîter le pas. La Turquie est membre de l’Otan depuis 1952.

“Malheureusement, les pays scandinaves sont quasiment des maisons d’hôtes pour les organisations terroristes”, a accusé M. Erdogan, cité par Hürriyet. “J’irai même plus loin : là-bas, ils siègent au Parlement. Il est impossible pour nous de voir cela d’un œil positif”. Le président turc vise tout particulièrement le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, l’Union européenne (UE) et les États-Unis.

“Traditionnellement, les pays scandinaves ont servi de refuge à de nombreux militants et hommes politiques turcs – prokurdes, gauchistes ou islamistes – qui fuyaient la répression dans leur pays, qu’ils aient choisi la voix pacifique ou qu’ils soient plus ou moins proches de ces groupes armés considérés comme terroristes par l’UE, et qui continuent à commettre des attentats sur le sol turc”, explique El País.

Alors que la voie vers l’adhésion semblait “dégagée” pour la Finlande et la Suède, “l’opposition d’Erdogan pourrait s’avérer problématique”, l’entrée d’un nouveau membre devant être décidée “à l’unanimité”, rappelle Radio Free Europe-Radio Liberty (RFE-RL).

Contreparties

Le président américain Joe Biden s’est entretenu vendredi avec les dirigeants finlandais et suédois et a rappelé “son soutien à la politique de porte ouverte de l’Otan et au droit de la Finlande et de la Suède de décider de leur avenir, de leur politique étrangère et de leurs choix en matière de sécurité”, selon la Maison-Blanche.

Les États-Unis ont également assuré qu’ils “s’employaient à clarifier la position de la Turquie”, précise RFE-RL.

Selon certains observateurs, la position apparemment intransigeante de la Turquie aurait pour but d’obtenir des contreparties de la part des membres de l’Otan, notamment des États-Unis, en échange de son feu vert.

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