Turquie: un tribunal d'Istanbul demande la remise en liberté de trois journalistes

En Turquie, un tribunal d’Istanbul a prononcé ce mercredi 24 juin la remise en liberté de trois journalistes accusés d’avoir révélé l’identité d’un agent des services secrets tués en Libye, où la Turquie est intervenue militairement pour soutenir le Gouvernement d’union nationale. Trois autres journalistes, poursuivis dans le même procès, restent pour l’instant en prison.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Face à leurs juges pour la première fois, devant leurs amis et leurs proches venus les soutenir, alors qu'ils viennent de passer plus de trois mois à l’isolement dans une cellule de prison, les six journalistes ont longuement exposé leur défense.

Elle tient, pour l’essentiel, en quelques mots : ces journalistes expérimentés n’ont pas pu révéler l’identité d’un agent des services secrets turcs mort en Libye en février pour la simple raison que le nom de cet agent présumé – et celui d’un collègue tué à ses côtés – était apparu des centaines de fois sur les réseaux sociaux avant qu’ils n’écrivent leurs articles.

Au terme d’une audience qui aura duré plus de dix heures, le tribunal a décidé de libérer trois journalistes, mais de maintenir leurs trois collègues – Baris Pehlivan, Murat Agirel et Hülya Kilinç – en détention provisoire.

« Les accusés ont mis en lumière les contradictions du dossier et démonté point par point les arguments de l’accusation. Ils n’ont rien fait d’autre que du journalisme, donc ils auraient tous dû bénéficier d’une libération, a expliqué Onur Cingil, l'un des avocats de la défense. Nous allons bien sûr contester le maintien en détention de trois d’entre eux, qui n’a aucun sens juridiquement. En résumé, cette décision est insuffisante. Les trois libérations se justifiaient, et doivent s’appliquer au plus vite aux autres journalistes. »

La prochaine audience du procès aura lieu le 9 septembre.