Si la Turquie quitte l'OTAN, le Proche-Orient sera une bombe à retardement

Phénix
Le Président turc Erdogan avec Donald Trump et Emmanuel Macron lors d'un sommet de l'OTAN, le 11 juillet 2018 à Bruxelles.

En 1952, en pleine guerre de Corée, l’OTAN procède à son premier élargissement depuis sa création avec l’entrée de la Grèce et de la Turquie dans l’alliance militaire. À l’époque, portée par le Kémalisme, la Turquie, résolument pro-occidentale, se bat en Corée aux côtés des Américains. Malgré de multiples accidents de parcours, et le refus de la CEE puis de l’Union européenne d’accepter l’ancien empire ottoman en son sein, la Turquie est ancrée dans l’alliance nord-atlantique.

À partir de 2003, avec la victoire du parti de la Justice et du Développement, Ankara s’engage dans une “orientalisation” de sa politique étrangère. De plus en plus, elle s’écarte de l’Europe pour devenir un acteur au Proche et Moyen Orient et jusqu’en Asie centrale, profitant de l’indépendance des anciennes républiques soviétiques turcophones. La rencontre ratée Trump-Erdogan mi-novembre signale le début de la fin. Les conséquences pour le Proche-Orient seront significatives. 

Retour sur une réunion surréaliste à la Maison-Blanche 

Malgré les gentillesses d’usage octroyées par Trump (il a une passion pour les “leaders autoritaires” et une hostilité congénitale envers les libéraux): il est un “grand fan”, ce sont de “très bons amis”, la Turquie a une armée “très puissante” etc., la tension est maximale entre les deux pays. Voyez plutôt. Le président Trump sait que sa présidence ne tient qu’à un fil: la destitution sera sûrement votée à la Chambre des représentants, il a donc besoin des sénateurs républicains pour la bloquer.

Or, sa décision de laisser les troupes turques envahir le nord de la Syrie pour en chasser les milices kurdes a soulevé une levée de boucliers parmi ses plus proches alliés. Ce qui aurait dû être une réunion privée entre Trump et Erdogan s’est donc transformée en un meeting entre le président turc, le locataire de la Maison-Blanche et 5 sénateurs républicains: Lindsey Graham (Caroline du sud), Ted Cruz (Texas), Jim Risch (Idaho), Joni Ernst (Iowa) et Rick Scott (Floride)....

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