Turquie: le Parlement adopte une loi renforçant le contrôle des réseaux sociaux

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Les grandes plateformes, extrêmement populaires dans le pays, auront notamment 48 heures pour retirer tout contenu que les tribunaux jugent offensant.

De notre correspondante à Istanbul, Cerise Sudry-Le Dû

Les débats ont duré une bonne partie de la nuit, signe que l’opposition a tout tenté pour ne pas la faire passer, mais la loi sur les réseaux sociaux a été promulguée au petit matin, ce mercredi.

Elle indique que les plateformes qui ont plus d’un million d’utilisateurs - ce qui est le cas de Facebook, Twitter, ou Youtube - doivent avoir un représentant légal en Turquie.

Ces dernières auront 48 heures pour retirer tout contenu que les tribunaux jugent offensant, sous peine d’une grosse amende, et elles doivent aussi tenir des registres précis sur les données de leurs utilisateurs. Si les réseaux sociaux s’opposent à ces règles, leur bande passante, soit leur vitesse de transmission, pourra être réduite de 50 voire de 90%.

Atteinte à la liberté d'expression

Selon le Parti de la justice et du développement, l’AKP, qui a voté cette loi, celle-ci vise à mettre fin aux insultes en ligne. Mais les associations dénoncent une grave entorse à la liberté d’expression. L’ONG Amnesty International a par exemple assuré que la loi allait renforcer la censure des contenus numériques, d’autant plus que la situation est déjà tendue en Turquie : de nombreux internautes ont déjà été poursuivis pour de simples retweets ou des likes sur les réseaux sociaux.