Turquie: les ONG féministes maintiennent la pression contre le retrait de la Convention d'Istanbul

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Depuis le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul, les ONG féministes organisent chaque jour des manifestations dans le pays. Alors que le président Recep Tayyip Erdogan a assuré vendredi que sa « décision était prise », des centaines de personnes ont manifesté samedi 27 mars sur la rive asiatique d’Istanbul pour un retour au seul traité international contraignant les États à prendre des mesures contre les violences faites aux femmes

Avec notre correspondante à Istanbul,Anne Andlauer

« Annule ta décision, applique la Convention ! » est, depuis une semaine, le cri de ralliement des défenseurs des droits des femmes qui marchent dans toute la Turquie. Nazlican raconte avoir participé à trois manifestations cette semaine. L’enjeu, dit-elle, est trop important pour renoncer.

« Avant, on réclamait l’application de la Convention d’Istanbul. Aujourd’hui, c’est son existence qu’on défend, et notre vie à travers elle, raconte-t-elle en pull rouge et pantalon noir, drapeau mauve à la main. En tant que femme LGBT+, je me sens encore moins en sécurité dans ce pays. Chaque fois que je manifeste, je ressens à quel point c’est ma présence dans l’espace public qui est menacée. »

Le gouvernement se justifie en prétendant que la Convention signée en 2011 a été « détournée par un groupe de personnes tentant de normaliser l’homosexualité ». Les ONG redoutent que ce retrait et ce genre de discours n’encouragent encore davantage les crimes contre les femmes et les minorités sexuelles.

Deniz, 20 ans, est inquiète pour sa sœur : « Ma sœur a obtenu un ordre d’éloignement contre son compagnon violent. J’ai peur qu’elle se retrouve sans défense, car on a bien vu sur Twitter qu’à partir du moment où le retrait a été annoncé, certains ont interprété la nouvelle comme un permis de tout faire. »

Depuis le retrait de la Convention, au moins neuf femmes ont été assassinées en Turquie.

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