Turquie: une nouvelle loi contre le terrorisme suscite l'inquiétude des ONG

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Les députés turcs ont adopté ce dimanche une loi destinée à combattre le blanchiment d'argent et le financement des actes de terrorisme. Un texte qui répond aux exigences du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais de nombreuses associations et ONG dénoncent certains articles de la loi qui menacent leur liberté d'expression et permettent au gouvernement de museler leur action.

Prévenir et réprimer le financement du terrorisme, c'est l'objet d'une résolution de l'ONU qui remonte à 2001. Pour Ankara la nouvelle loi entend s'y conformer, mais elle va bien plus loin estime Human Rights Watch et cache un autre objectif, celui d'entraver les activités des associations et ONG qui lui déplaisent.

Selon l'organisation de défense des droits humains, seuls 6 des 43 articles de la loi concernent le financement du terrorisme. Les autres donneraient au ministre de l'Intérieur un pouvoir quasi discrétionnaire sur ces organismes, qui devront par exemple se soumettre à des inspections annuelles, qui pourraient paralyser les activités pendant des mois.

L'accusation de terrorisme pour museler les opposants

Le ministère pourra également suspendre un responsable associatif de ses fonctions s'il est sous le coup d'une enquête liée à une affaire de terrorisme. Or expliquent les associations, l'accusation de lien avec une organisation terroriste est utilisée de façon quotidienne contre les opposants au gouvernement.

Des centaines de milliers de personnes ont été visées par ce type d'enquête depuis la tentative de coup d'État de 2016. Et la justice est trop soumise au pouvoir pour apporter un garde-fou. Plus de 400 associations et ONG ont signé un appel pour le retrait des articles controversés de la loi votée ce dimanche 27 décembre.