Turquie : pas de Noël pour Erdogan à la mosquée Sainte-Sophie

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Recep Tayyip Erdogan aime les symboles. La prière du vendredi figure parmi les plus forts. Or, cette année, le 25 décembre tombe un vendredi. A-t-il anticipé ce moment? Probable. Parce que lorsque le dirigeant turc recommence à moins d'un mois de la célébration des fêtes chrétiennes à assister à la prière du vendredi en s'agenouillant au cœur de l'ex-basilique Sainte-Sophie, il ne laisse rien au hasard. Erdogan rappelle que le joyau byzantin n'est plus un musée offert aux yeux du monde, mais bel et bien un lieu de culte musulman où les croyants viennent désormais célébrer Allah.

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Pas un coup de fil, rien, on ne nous a pas prévenus et encore moins expliqué

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A 74 ans, la conservatrice du musée Sainte-Sophie, Zeynep Ahundy, a vu son monde s'écrouler. Elle est assise, là, dans un café de la célèbre place Taksim, à Istanbul. Fragile, hébétée. Une lettre de démission remisée dans un tiroir en attendant qu'un jour, peut-être, le téléphone sonne. Et que quelqu'un au bout du fil lui explique. Pourquoi vendredi 10 juillet 2020, Recep Tayyip Erdogan a décidé sans coup férir de transformer l'église Sainte-Sophie en mosquée. Pourquoi dans la foulée, le musée de la Chora, site classé au patrimoine de l'Unesco, a subi le même sort. "J'étais chez moi, confinée, lorsque j'ai appris la nouvelle à la télévision, dit-elle. Nous ne sommes que six au comité de conservation Sainte-Sophie. Mais pas un coup de fil, rien, on ne nous a pas prévenus et encore moins expliqué." Mieux ou pire, le le...


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