Turquie: manifestations de soutien à Osman Kavala, condamné à la perpétuité

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Aux cris de « résistance partout ! », des centaines de personnes se sont rassemblées dans les principales villes de Turquie mardi soir 26 avril, au lendemain de la condamnation à perpétuité du mécène Osman Kavala pour « tentative de renversement du gouvernement ».

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

À Istanbul, les manifestants se sont retrouvés non loin de la symbolique place Taksim, théâtre en 2013 des protestations du parc de Gezi contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Les lourdes peines de prison infligées à Osman Kavala et à ses sept coaccusés illustrent la chape de plomb qui s’est abattue sur la société civile turque.

Se réunir dans la rue, être vus et se faire entendre, pour Kemal Akdemir, un ouvrier, dénoncer le verdict qui accable Osman Kavala et ses coaccusés, c’est aussi lutter pour le droit de manifester en Turquie : « Ce verdict est une tentative d’intimidation du pouvoir envers tous ceux qui ne votent pas pour lui. La question, c’est de savoir si vous intériorisez cette intimidation ou pas. Les barrages de police autour de nous font partie de cette tentative d’intimidation. »

Des manifestants qui dénoncent un climat de peur

Les manifestants entonnent les slogans de Gezi, ce mouvement de protestation de l’été 2013 qu’Osman Kavala est accusé d’avoir financé. Deniz, une avocate, balaye la foule du regard. Elle craint que le verdict ait en partie atteint son but : « Gezi avait rassemblé plus de trois millions de personnes dans toute la Turquie. Comme vous le voyez, nous ne sommes même pas 3 000 rassemblés ici aujourd’hui. »

Serdar Erbas, membre du Parti des travailleurs (TIP), dénonce aussi un « climat de peur » : « Les gens ont peur de publier un simple message sur Twitter, alors manifester... Je peux donc comprendre en partie les craintes de ceux qui n’osent manifester avec nous. J’espère que ce climat de peur prendra fin, que ce pouvoir chutera et que nous pourrons reconstruire une belle Turquie. »

Les élections doivent avoir lieu en juin 2023. D’ici là, le débat risque de grandir au sein de l’opposition entre ceux qui appellent à se mobiliser dans la rue, et ceux qui craignent que le pouvoir instrumentalise à son profit le moindre mouvement de contestation.

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