Turquie: des médias d'opposition égyptiens priés de «baisser le ton» à l'égard d'al-Sissi

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Alors que la Turquie tente ces dernières semaines de réparer ses relations avec l’Égypte, des médias égyptiens d'opposition basés à Istanbul ont été priés de « baisser le ton » à l'égard du pouvoir d’Abdel Fatah al-Sissi. Il y a une semaine, le ministre turc des Affaires étrangères avait annoncé la « reprise » des « contacts diplomatiques » entre Ankara et Le Caire pour la première fois depuis le renversement, en 2013, de Mohamed Morsi, président égyptien issu des Frères musulmans.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Depuis l’automne dernier, chaque fois que les dirigeants turcs ont évoqué l’idée d’un rapprochement avec l’Égypte, les autorités du Caire ont toujours répondu avec prudence et en formulant une exigence : qu’Ankara abandonne ses positions jugées hostiles à l’égard du pouvoir égyptien.

Dans le discours officiel, c’est déjà le cas depuis plusieurs mois. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui qualifiait régulièrement son homologue Abdel Fatah al-Sissi de « putschiste », s’abstient désormais de le critiquer en public. Les médias d’opposition égyptiens basés dans le pays ont donc reçu la même consigne.

L’opposant Ayman Nour, patron de la télévision El-Sharq lancée à Istanbul en 2014, a ainsi confirmé avoir eu récemment un « entretien » avec des officiels turcs, qui lui auraient demandé de « baisser le ton » à l’égard du pouvoir égyptien. L’injonction vaut aussi pour les autres médias qui émettent depuis la métropole turque et proches, pour certains, des Frères musulmans.

Sans confirmer ces avertissements, Yasin Aktay, un conseiller de Recep Tayyip Erdogan, a démenti que la Turquie envisageait d’expulser ou de livrer au Caire les journalistes ou les opposants égyptiens qui ont trouvé refuge sur son territoire.