Turquie: une médecin écrouée pour avoir réclamé une enquête sur l'usage d'armes chimiques contre le PKK

AFP - OZAN KOSE

Un tribunal d'Ankara a ordonné jeudi 27 octobre l’emprisonnement de la présidente de l’Union des médecins turcs, Şebnem Korur Fincancı. Cette figure de la société civile est poursuivie pour des propos sur la possible utilisation d’armes chimiques par l’armée turque contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l’Irak. Le président Recep Tayyip Erdoğan l’avait prise pour cible dans un discours en début de semaine.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Dans une interview, Şebnem Korur Fincancı semblait accréditer la thèse d’un usage d’armes chimiques par l’armée turque en Irak. Médecin légiste de formation, elle disait avoir regardé les images diffusées sur les réseaux sociaux et estimait qu’un « gaz toxique, chimique, affectant directement le système nerveux, avait visiblement été utilisé ». Elle réclamait une enquête sur ces allégations, fermement démenties par les autorités.

Ces propos lui valent aujourd’hui d’être poursuivie pour « propagande terroriste ». Le parquet d’Ankara l’accuse d’avoir « dénigré la nation turque, la République de Turquie et les institutions de l’État ». Il réclame également que Şebnem Korur Fincancı soit démise de ses fonctions à la tête de l’Union des médecins turcs.

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Des accusations de recours à des armes chimiques, relayées par des médias pro-kurdes et des membres de l'opposition turque, étaient apparues la semaine dernière.


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