Turquie: l'ancienne coprésidente du parti prokurde HDP arrêtée

L'ex-coprésidente du parti pro-kurde HDP Serpil Kemalbay (au centre), entourée de ses successeurs Pervin Buldan (à gauche) et Sezai Temelli (à droite), le 11 février 2018 lors du congrès du parti à Ankara New co-chairs of the pro-Kurdish Peoples' Democratic Party (HDP) Pervin Buldan (L) and Sezai Temelli (R) and outgoing co-chair Serpil Kemalbay (C) attend the HDP congress in Ankara on February 11, 2018.Turkey's main pro-Kurdish party elected two new leaders on February 11, one of whom replaced its charismatic jailed co-chief Selahattin Demirtas, ahead of elections in 2019. Demirtas, the best-known face of the left-wing Peoples' Democratic Party (HDP), has been behind bars since November 2016, detained on terrorism charges, and faces a possible 142-year prison sentence

Ankara (AFP) - L'ancienne coprésidente du principal parti prokurde turc HDP, Serpil Kemalbay, a été arrêtée mardi pour avoir critiqué l'opération menée par Ankara dans le nord de la Syrie, selon une responsable de sa formation.

Mme Kemalbay, qui a été remplacée à la coprésidence du Parti démocratique des peuples (HDP) par Pervin Buldan lors d'un congrès dimanche, a été arrêtée mardi à Ankara, devant son domicile, a annoncé à l'AFP une responsable de sa formation politique.

Elle avait été nommée en mai à la coprésidence du HDP pour remplacer Figen Yüksekdag, elle-même incarcérée et déchue de son mandat de députée.

Elle partageait la direction du parti avec Selahattin Demirtas, incarcéré depuis novembre 2016, et remplacé dimanche par Sezai Temelli.

Un mandat d'arrêt avait été émis contre Mme Kemalbay vendredi dernier, en raison d'appels à manifester contre l'opération militaire en Syrie, selon l'agence étatique Anadolu.

Le HDP critique l'offensive militaire turque dans l'enclave syrienne d'Afrine, accusant Ankara de viser "les Kurdes en tant que peuple".

Mais le gouvernement turc affirme mener cette opération pour éliminer les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme une organisation "terroriste" par Ankara, mais alliée des Etats-Unis.

Les autorités turques considèrent les YPG comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par la Turquie et ses alliées occidentaux, et qui mène une insurrection armée contre le pouvoir central turc depuis 1984.

Depuis le lancement de l'opération, baptisée "Rameau d'olivier", 666 personnes ont ainsi été arrêtées en Turquie pour s'y être opposées, selon un communiqué du ministère de l'Intérieur publié lundi.

Le président Recep Tayyip Erdogan avait en effet appelé à l'unité nationale autour de cette offensive, mettant en garde ceux qui s'y opposeraient.

Le parquet d'Ankara a par ailleurs ouvert une enquête lundi contre la nouvelle co-présidente du HDP, Mme Buldan, en raison de déclarations à propos de l'offensive faites lors du congrès de dimanche.

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