En Turquie, la justice harcèle à plein régime

Libération.fr

Accusations de terrorisme, d’insulte au président… Au-delà des suspensions et arrestations tous azimuts, la machine judiciaire condamne à la pelle les opposants à Erdogan. Et le référendum de dimanche pourrait encore renforcer la mainmise du pouvoir exécutif.

Ils sont quelques dizaines à faire le pied de grue devant l’imposant bâtiment moderne du palais de justice d’Istanbul. Dos contre une barrière métallique, encadrés par un cordon de policiers, des militants démocrates sont venus soutenir l’un des leurs : un professeur d’anglais à l’université d’Istanbul. «On se retrouve ici régulièrement depuis l’été dernier», indique Ali, un étudiant qui attend avec ses camarades et professeurs la sortie de l’audience. «Nos agendas sont maintenant remplis de dates de procès au lieu de rendez-vous amicaux ou amoureux», plaisante le jeune homme. Le prévenu du jour est jugé pour «insulte au président». L’accusation exhumée du code pénal par Recep Tayyip Erdogan depuis son élection à la tête du pays en août 2014 a conduit des milliers de Turcs devant les tribunaux. Le président turc pourrait bientôt imposer bien plus ses lois si le oui l’emporte au référendum de dimanche. La réforme constitutionnelle sur laquelle les électeurs doivent se prononcer prévoit en effet un renforcement considérable des pouvoirs du chef de l’Etat. Celui-ci pourra notamment nommer et révoquer seul ses ministres tandis que le Parlement n’aurait plus le droit de censure du gouvernement. Erdogan aurait même la possibilité de se représenter à la présidentielle pour deux nouveaux quinquennats successifs pour rester à la tête du pays jusqu’en 2029.

Procès collectifs

Le chef de l’Etat aura également la mainmise sur le pouvoir judiciaire en nommant 12 des 15 membres de la Cour constitutionnelle et 6 des 13 conseillers du haut conseil chargé de désigner les juges et procureurs. L’indépendance de la justice, garantie par la Constitution turque, n’était déjà plus qu’une illusion. Depuis l’affaire de corruption mettant (...)

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