Turquie: la justice demande l'interdiction de la formation de gauche pro-kurde HDP

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En Turquie, le ministère public a lancé ce mercredi 17 mars une procédure devant la Cour constitutionnelle pour faire interdire le Parti démocratique des peuples (HDP), une formation représentant la gauche pro-kurde. Ses membres sont accusés par le pouvoir d’entretenir des liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe armé classé comme terroriste.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Le HDP [Parti démocratique des peuples], troisième force politique au sein du Parlement turc avec 55 députés, est accusé de « vouloir détruire l’intégrité de l’État » et d’agir comme « le prolongement du PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan] ». Ces accusations sont celles du procureur général de la Cour de cassation, nommé l’année dernière par le président Recep Tayyip Erdogan.

La nouvelle n’a rien d’une surprise. Le parti au pouvoir, l’AKP, et son allié ultranationaliste, le MHP, s’en prennent chaque jour au HDP en le présentant comme la vitrine d’un groupe terroriste. Treize anciens députés du parti pro-kurde ont été emprisonnés ces dernières années et un quatorzième député, Ömer Faruk Gergerlioğlu, a été déchu ce mercredi 17 mars de son mandat suite à une condamnation, ouvrant la voie à son incarcération.

Il y a quelques années encore, les dirigeants de l’AKP - dont Recep Tayyip Erdogan - s’opposaient catégoriquement aux fermetures de parti, eux qui avaient échappé de justesse à un sort similaire en 2008. La procédure contre le HDP, une formation soutenue par six millions d’électeurs au scrutin de 2018, intervient deux semaines après que le président turc a dévoilé une série de réformes censées améliorer l’état des droits de l’Homme dans le pays.

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