Turquie: les défenseurs d'Hasankeyf se mobilisent pour sauver la cité antique

La petite cité de Hasankeyf, habitée depuis 12 000 ans, est vouée à disparaître dans les prochains mois sous un lac artificiel. Les défenseurs de la ville antique ont organisé ce samedi 14 septembre une journée mondiale d’action sur les réseaux sociaux.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

« Il n’est pas trop tard pour Hasankeyf », c’est ce qu’ont proclamé en turc sur les réseaux sociaux, à 20 heures précises et pendant toute la journée, des centaines d’internautes, partageant parfois des dessins.

Il n’est peut-être pas trop tard mais les défenseurs de Hasankeyf, cité antique douze fois millénaire et située dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie, affrontent une course contre la montre. Ils ont tenté une fois de plus – peut-être l’une des dernières – d’alerter l’opinion, à défaut de convaincre le gouvernement turc.

Cet été, les autorités ont commencé à remplir un gigantesque barrage hydroélectrique situé en aval du site. Bientôt, ses eaux engloutiront les trésors de Hasankeyf, vestiges des civilisations qui ont prospéré dans cette ville traversée par le Tigre. Le gouvernement argue que ce projet fournira l’énergie et l'irrigation nécessaires au développement économique du sud-est.

Mais pour les archéologues, les défenseurs de l’environnement et les habitants de la région, la mise en eau de ce barrage est une catastrophe. Au moins 60 000 personnes vont être déplacées, dont 3 000 à Hasankeyf même. Une délégation du principal parti d’opposition turc, en visite sur place, a réclamé le classement du site au patrimoine mondial de l’Unesco.