Turquie: des condamnés à perpétuité pour l’assassinat de Hrant Dink, sa famille fera appel

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Un tribunal d’Istanbul a condamné vendredi 24 mars des dizaines de personnes à des peines de prison dans le procès des responsables présumés de l’assassinat du journaliste arménien Hrant Dink, le 19 janvier 2007. 76 personnes, dont des fonctionnaires, étaient accusées de n’avoir rien fait pour empêcher un jeune nationaliste de passer à l’acte. Les avocats de la famille Dink ne se satisfont pas du verdict, qui a visé surtout… des proches de Fethullah Gülen.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Les avocats de la famille de Hrant Dink déplorent, comme ils l’avaient prédit, un verdict « incomplet ». Certes, six accusés - dont deux anciens chefs de police - sont condamnés à perpétuité, parmi 27 personnes que le tribunal a jugées coupables. Mais plusieurs anciens fonctionnaires qui étaient poursuivis pour « négligence dans l’exercice de leurs fonctions » bénéficient d’un acquittement ou d’une prescription.

C’était notamment le cas d’anciens policiers haut placés à Istanbul et à Trabzon - cette ville de la mer Noire où s’est préparé le crime - qui savaient que la vie du journaliste arménien était en danger et n’ont pourtant rien fait pour le protéger.

La cour a conclu que l’assassinat avait été perpétré par des membres de la communauté de Fethullah Gülen, qui est aussi le premier suspect de la tentative de putsch de juillet 2016. Elle n’a alors condamné que les personnes accusées d’être liées à ce prédicateur.

Les avocats de la famille Dink, qui vont faire appel du verdict, regrettent que le procès n’ait pas fait la lumière sur la mort du journaliste. La justice n’a par exemple jamais entendu les agents des services de renseignement qui avaient convoqué Hrant Dink trois ans avant son assassinat. Le journaliste avait raconté avoir reçu lors de cette rencontre des mises en garde à peines voilées.

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