Turquie: la colère monte face à la hausse des prix de l'électricité

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Sur fond d’inflation record, l’envolée des factures attise colère et inquiétudes au sein de la population.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

En Turquie, le chef du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), a annoncé jeudi que l’électricité avait été coupée chez lui en raison de factures impayées. Kemal Kiliçdaroglu avait déclaré début février qu’il ne paierait plus ses factures tant que le gouvernement ne décrèterait pas une baisse des prix de l’électricité.

Et cette hausse appauvrit la plupart des Turcs. Au début de l’année, quand le prix de l’électricité a bondi de 125% en un mois, Salih, un enseignant, a épluché sa facture à la recherche d’une erreur, tant elle paraissait excessive : « Quand vous avez payé vos factures, il ne reste plus grand-chose pour vivre. Regardez sur les marchés : les gens achètent désormais les produits à l’unité ! Je n’avais pas de quoi payer ma facture alors j’ai emprunté à des amis. »

« Vous savez de quoi on se prive pour payer nos factures ? »

Zübeyde, une retraitée, déplore aussi la baisse de son pouvoir d’achat. En mars, sa consommation d’électricité lui a coûté 310 livres, contre 120 livres en moyenne il y a quelques mois. « Le gouvernement a revalorisé nos pensions de retraite mais les factures ont plus augmenté que les retraites ! Inch’Allah, ça ne va pas durer. J’ai encore les moyens de payer, mais comment font ceux qui ne peuvent pas ? », s’interroge-t-elle.

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Zübeyde espère qu’il n’y aura pas d’autre hausse des tarifs cette année. Mais la guerre en Ukraine a fait grimper le prix du gaz que la Turquie importe et qui sert, pour un tiers, à produire de l’électricité. « Vous savez de quoi on se prive pour payer nos factures ? De ce qu’on mange, de ce que mangent nos enfants, de notre vie sociale. Au petit-déjeuner, on choisit entre le fromage et les olives. Ce gouvernement n’arrive pas à gérer la situation, j’espère qu’on s’en débarrassera bientôt ! », s’indigne Metin, un commerçant qui laisse éclater sa colère.

Avec une inflation annuelle à plus de 61%, le mécontentement gronde dans la population. Le président Recep Tayyip Erdogan est sous pression pour redresser la situation avant les prochaines élections, en juin 2023.

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