Turquie: plus de 50000 migrants expulsés d’Istanbul selon les autorités

Ces cinq derniers mois, près de 50 000 migrants – dont plus de 6 000 Syriens – ont été expulsés d’Istanbul, la grande ville turque aux 15 millions d’habitants. En juillet, au lendemain de sa défaite aux élections municipales dans la mégapole, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan avait nettement resserré l’étau sur les migrants en situation irrégulière.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Les autorités turques luttent contre l’immigration illégale et le font savoir. Depuis le 12 juillet, depuis que la police d’Istanbul a commencé à renforcer ses contrôles dans les quartiers connus pour accueillir de nombreux migrants, quelque 50 000 personnes ont été arrêtées.

Près de 43 000 d’entre elles vivaient dans la mégapole sans permis de séjour, ce qui les condamne à être envoyées vers un centre de rétention en vue d’être expulsées de Turquie. La préfecture ne précise pas leurs nationalités, mais lors d’un précédent bilan, le ministre de l’Intérieur avait cité une majorité d’Afghans et de Pakistanais.

Les Syriens, eux, sont comptés séparément, puisque la Turquie leur accorde un statut spécial – dit de « protection temporaire » – qui leur donne le droit de résider dans le pays. À la condition, toutefois, qu’ils soient enregistrés et qu’ils vivent effectivement dans leur province d’enregistrement. Depuis la mi-juillet, plus de 6400 Syriens qui résidaient à Istanbul sans y être enregistrés ont été arrêtés. Officiellement, ils ont été placés dans des « centres d’accueil temporaires ».

Les autorités turques affirment ne pas expulser les Syriens, mais des ONG internationales ont dénoncé le mois dernier le renvoi de centaines d’entre eux dans leur pays en guerre.