Turquie: les étudiants rejettent les propos d'Erdogan, les manifestations se multiplient

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Il y a un mois, en Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan nommait un proche de son parti au poste de recteur de l’une des plus prestigieuses universités du pays, l’université du Bosphore à Istanbul. Depuis ce jour, la colère d’une large partie des étudiants et des enseignants ne s’est pas apaisée. Alors que les manifestations se multiplient, le chef de l’État turc s’en prend quotidiennement aux protestataires, notamment au travers de propos homophobes. Un discours que rejettent de nombreux étudiants turcs.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Des « terroristes », des « vandales », des « détraqués LGBT ». Recep Tayyip Erdogan et ses ministres se répandent en invectives contre les étudiants de l’université du Bosphore qui refusent leur nouveau recteur. Le président turc espère ainsi marginaliser leur contestation, empêcher qu’elle ne s’étende à d’autres universités et au reste de la société.

Simay, 21 ans, étudiante dans une université privée d’Istanbul, assure au contraire que ces propos n’ont fait que renforcer son soutien envers le mouvement : « Cette façon de faire de la politique me révulse. Comparer nos camarades à des terroristes, s’en prendre à travers eux aux étudiants LGBT, c’est stupide, c’est un manque de respect total. Il serait temps qu’on apprenne dans ce pays à respecter les LGBT autant qu’on respecte les personnes pieuses. »

Les autorités refusent toute forme de dialogue avec les manifestants. Belis, qui étudie l’architecture, y voit un symbole de la façon dont le pouvoir est exercé en Turquie : « Le but est de criminaliser les manifestants. Mais c’est précisément parce que nous vivons désormais dans un pays où le président décide de tout, que les gens sont si mécontents. »

La crise risque de durer. Recep Tayyip Erdogan jure de ne pas reculer, le recteur contesté a exclu de démissionner. Quant aux étudiants, ils promettent de ne pas renoncer à leur unique revendication : l’élection d’un nouveau recteur.

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