Le Turkménistan organise de grands rassemblements sportifs en pleine pandémie

Pour célébrer la Journée mondiale de la santé, mardi 7 avril, le régime autoritaire du président Gourbangouly Berdymoukhamedov a ignoré toutes les recommandations généralement prodiguées face à la propagation du nouveau coronavirus.

Mardi soir, grâce à la télévision d'Etat, on pouvait voir des centaines de citoyens revêtus de survêtements identiques qui, pour cette Journée mondiale de la santé, pédalaient les uns à côté des autres dans la capitale Achkhabad. Sur d'autres images, des fonctionnaires, y compris des personnels de santé, s'étiraient ensemble à l'intérieur et à l'extérieur de bâtiments de l'administration.

Les médias officiels ont affirmé que 7 000 personnes avaient participé à des courses ou randonnées cyclistes dans l'ex-République soviétique pour marquer cette Journée mondiale créée en 1950.

Le président Gourbangouly Berdymoukhamedov, ancien dentiste, au pouvoir depuis 2006, s'est lui affiché à cheval et à vélo, entouré de quelques responsables politiques.

Aucun cas officiellement recensé

Officiellement, le Turkménistan fait partie des quelques derniers pays à n'avoir détecté aucun cas de la maladie (Covid-19) qui a tué plus de 80 000 personnes dans le monde.

Le régime du Turkménistan est connu pour son goût du secret, et les statistiques qu'il publie sont prises avec précaution à l'étranger.

Ce mercredi toutefois, les médias officiels ont affirmé que les autorités de ce pays frontalier de l'Iran bâtissaient un hôpital spécialisé dans le traitement des maladies infectieuses, sans citer le coronavirus.

Menace pour l'économie

Le président avait mentionné la pandémie actuelle pour la première fois la semaine dernière, en évoquant la menace qu'elle constituait pour l'économie. Les autorités turkmènes ont conditionné les rares entrées sur leur territoire à la présentation d’un certificat médical attestant que le voyageur n’est pas atteint du Covid-19 avec un document qui doit être daté de moins de 24 heures.

Le Turkménistan a été le premier pays centrasiatique à fermer officiellement ses frontières au début du mois de mars.

Tout comme son voisin le Tadjikistan, qui fait état lui aussi de zéro cas, le pays, qui compte cinq millions d’habitants, a néanmoins laissé ses élèves faire leur rentrée scolaire lundi après les vacances de printemps.

Le 13 mars dernier, pour combattre le coronavirus, le président turkmène, qui s’affiche en guitariste talentueux, avait prodigué un conseil : se référer à son ouvrage sur les plantes médicinales. 

(Avec AFP)