Turkménistan: l'ex-ministre de l'Intérieur exhibé menotté à la télé

Au Turkménistan, en Asie centrale, retour de l’ancien ministre de l’Intérieur à la télévision d’État, mais cette fois en mauvaise posture : menotté, en tenue de prisonnier, il a fait son autocritique. En octobre dernier le président l’avait limogé pour son échec à  venir à bout de la corruption qui ronge le pays. Une enquête avait été immédiatement ouverte le concernant, pour corruption.

On n’avait pas vu Iskander Moulikov depuis que le président turkmène l’avait limogé en octobre dernier, de manière assez théâtrale, en pleine réunion du Conseil de sécurité.

Toute aussi théâtrale a été la réapparition de l’ancien ministre sur la télévision d’État, menottes aux poignets, le crâne rasé, en habit noir de prisonnier, confessant d’une voix monocorde avoir accepté des pots-de-vin.

Le reportage précise que l’ancien ministre de l’Intérieur a été condamné à une peine de prison, dont on ne connaît pas la durée, et montre une quantité impressionnante de liasses d’euros et de dollars présentés comme ces fameux pots-de-vin – également des lingots d’or, des montres, des villas…

Suite à ce limogeage, le président avait chargé le Parlement de mettre en place un nouveau programme de lutte contre la corruption. Et il y a fort à faire : le pays est en 161e position sur 180 dans le classement de l’indice de perception de la corruption de Transparency International.

Le Turkménistan est l’un des plus fermés et autoritaires au monde : pas de presse indépendante, pas d’opposition, et un président qui, à l’image de son prédécesseur, a développé un culte de la personnalité comparable à celui ayant cours en Corée du Nord, installant par exemple une statue en or à son effigie dans la capitale Achgabat.