Le Turkménistan a célébré son premier jour férié en l'honneur d'une race de chien de berger

Salomé Vincendon avec AFP
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Le président turkmène portant dans ses bras un chiot alabaï le 28 avril 2018, lors de la fête nationale du cheval Akhal-Teke - Igor SASIN / AFP
Le président turkmène portant dans ses bras un chiot alabaï le 28 avril 2018, lors de la fête nationale du cheval Akhal-Teke - Igor SASIN / AFP

Le très fermé Turkménistan célébrait dimanche, pour la première fois, la journée du chien alabaï, une race de chiens présentée comme faisant partie du patrimoine national. Ce chien possède désormais un jour férié en son honneur, en commun avec le cheval Akhal-Teke, un autre animal qui fait la fierté nationale, et était célébré le même jour.

"Je vous félicite pour la fête nationale - la Journée du cheval turkmène et la Journée turkmène de l'alabaï !" a déclaré le président Gourbangouly Berdymoukhamedov dimanche, relayé par l'agence de presse d'État Turkmenistan Today. "Je vous souhaite beaucoup de succès dans le développement de l’art de l’élevage des chevaux et des chiens!"

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Une statue en or géante du canidé

Hors du Turkménistan, l'alabaï est considéré comme une sous-branche du Berger d'Asie centrale. Il s'agit d'un chien d'aspect massif, compagnon depuis 4000 ans des éleveurs arpentant les terres désertiques du Turkménistan.

Le président turkmène avait offert un alabaï à Vladimir Poutine pour ses 65 ans en 2017, puis publié en 2019 un livre affirmant que les premiers turkmènes "voyaient dans le cheval leur rêve, et dans l'alabaï leur bonheur". En novembre, une statue en or géante a été érigée dans la capitale, Achgabat, en l'honneur du canidé.

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La journée de dimanche comprenait un concours pour désigner le plus brave des alabaïs. C'est un chien garde-frontière appartenant au service national des frontières du Turkménistan, qui a remporté le prix. Le fils du président, Serdar Berdymoukhamedov, a présenté la cérémonie, lors de laquelle le chien a reçu une médaille, et son propriétaire une voiture en cadeau, rapporte Reuters.

Il y a quelques jours, Serdar Berdymoukhamedov avait été porté à la dignité d'"honorable éleveur" d'alabaïs.

Un des États les plus répressifs et fermés au monde

Cette nomination intervient alors que Serdar Berdymoukhamedov est de plus en plus pressenti pour succéder à son père, arrivé au pouvoir en 2006, et conservant depuis fermement le pouvoir. La semaine dernière, il l'a notamment remplacé à la tête de l'association nationale des chevaux Akhal-Teke. Serdar Berdymoukhamedov est également devenu récemment sénateur, vice-Premier ministre et membre du puissant Conseil de sécurité national.

Le culte de l'alabaï sert la propagande nationale, cela fait partie des efforts pour démontrer l'existence séculaire supposée d'une nation turkmène, alors que la région a été des siècles durant une zone sans réelles frontières où circulaient des tribus nomades.

Depuis son indépendance à la chute de l'URSS, le pays, riche en hydrocarbures, est considéré comme l'un des États les plus répressifs et fermés au monde. Dans son bilan 2020, Amnesty International notait que "le régime en place au Turkménistan restait profondément autoritaire" et que "les atteintes graves aux droits humains étaient monnaie courante".

Article original publié sur BFMTV.com