Les Turcs rognent sur les loisirs pour faire face à l’inflation

80,2% : c'est le taux d'inflation en août, sur un an, en Turquie. Il s'agit du taux officiel, publié ce lundi 5 septembre par l'Agence nationale des statistiques, mais contesté par un groupe d'économistes indépendants qui le situent plutôt au-dessus des 180%. C'est, quoi qu'il en soit, un niveau inédit depuis plus de vingt ans et l'arrivée au pouvoir du parti de Recep Tayyip Erdogan. À neuf mois des élections, la hausse des prix généralisée alimente le mécontentement dans la population. D’autant que, pour faire face, beaucoup de Turcs ont dû limiter leur vie sociale, voire y renoncer.

Avec notre correspondant à Istanbul, Anne Andlauer

Bekir, 37 ans, père de deux enfants, est comptable dans une entreprise. Il sait donc de quoi il parle quand il dit qu’il a « fait ses comptes » et que le calcul est sans appel. « Comme tout est devenu trois ou quatre fois plus cher, on se concentre sur les besoins de base. On essaye d’éviter les extras. »

Ce que Bekir appelle des « extras », c’est la séance de cinéma ou le petit resto qu’il s’accordait avec son épouse plusieurs fois par mois ; la virée à l’espace de jeux du centre commercial où il emmenait souvent ses fils. Et même, cet été, les vacances en famille : « Comme mon épouse travaille aussi, on avait l’habitude de manger souvent dehors. Maintenant, on le fait nettement moins, on mange à la maison, on rend moins visite aux membres de notre famille. Même chose pour les vacances, car le voyage en voiture coûte aussi cher que le séjour lui-même. »

« Pas d’argent pour m’acheter des livres »

Les prochaines élections, législatives et présidentielle, auront lieu au plus tard en juin 2023.


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