«Tunnel», accident de toiture

Libération.fr

Spectaculaire et claustro, le film de Kim Seong-hun convainc moins dans sa satire chargée de la société coréenne.

Tunnel, deuxième film du Coréen Kim Seong-hun (Hard Day), véhicule une hénaurme métaphore : celle de l’homme contemporain enseveli sous les emmerdes, que ni l’Etat ni la société civile ne viendront sauver. Elle prend la forme de l’effondrement, spectaculaire, magnifique, d’un tunnel tout neuf sur un innocent qui, pour s’en sortir, devra s’en remettre à lui-même et à l’obstination d’un sauveteur isolé. Jung-soo est un vendeur de voitures et un honnête homme (on préfère préciser) en route pour chez lui après une journée de travail. Sur sa banquette arrière, un gros gâteau d’anniversaire pour sa fille. Dès les premières minutes advient la catastrophe : il s’engage dans le tunnel, le plafond se fissure, le craquage poursuivant la voiture comme une houle menaçante, jusqu’à finir par céder sur sa tête. Jung-soo se retrouve prisonnier, avec à sa disposition le gâteau, quelques centilitres d’eau et son portable. La mise en scène claustrophobe de l’habitacle enserré par les gravats, les décombres plus qu’instables qui deviennent une créature à part entière, bruyante et hérissée de tiges de métal, laissent augurer du meilleur. Mais l’intrigue que choisit de développer Kim Seong-hun ambitionne d’invectiver la société coréenne contemporaine, son développement économique «fondé sur la vitesse et obsédé par la compétitivité», et sous-tendu par la corruption. S’ensuivent donc des allers-retours entre le fond et la surface, la victime et les équipes de sauvetage, celles-ci et le gouvernement (cupide et cynique) ou les médias (excessifs et irresponsables). Tout cela est bel et bien, mais caricatural, et traîne en longueur. La recherche de culpabilité qui innerve le film, et caractérise le monde contemporain, part tous azimuts. La seule à bien s’en tirer, finalement, est la chaîne de radio classique que Jung-soo parvient à capter, la seule, qui lui fera découvrir (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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