Tunisie: «Il va y avoir une montée des protestations mais elles risquent d'être sectorielles, voire régionales»

Michael Béchir Ayari est chercheur spécialisé de la Tunisie à l’International Crisis Group (ICG). Il revient pour RFI sur les derniers jours de mobilisations des avocats et les dérives autoritaires dans ce pays dénoncées par une frange de la population tunisienne. Entretien.

RFI : Jeudi 16 mai 2024, des centaines d’avocats se sont réunis à Tunis pour exprimer leur colère face à l’arrestation dans le pays de deux d’entre eux. Le lendemain, la corporation s’est mobilisée en France et dans le reste du monde pour des rassemblements de soutien et pour dénoncer les dérives autoritaires en Tunisie. Pourquoi une telle mobilisation ?

Michael Béchir Ayari : Les avocats en Tunisie, c'est une profession qui a toujours été politisée et qui est étroitement liée au mouvement de libération nationale contre la colonisation et le protectorat français. Le premier président de la République, Habib Bourguiba, était d’ailleurs un avocat. Dès 1934, il s’est battu et a été un grand dirigeant du mouvement de libération national. La corporation a toujours eu en son sein des militants de tous bords et différents courants – que ce soit l'islamisme, l'extrême gauche, le nationalisme arabe – et se sont toujours mobilisés pour leur intérêt de corps.

Ces mouvements de protestation arrivent aussi dans un contexte où il y a eu des arrestations de journalistes, de blogueurs et de militants. Est-ce annonciateur d’un mouvement de protestation plus général face au régime de Kaïs Saïed ?


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