Tunisie : un bus de l'armée cible d'une attaque

Un bus de l'armée transportant des membres de la sécurité présidentielle a été la cible d'une attaque à Tunis mardi en fin de journée.

Des sources proches de la sécurité et de la présidence ont confirmé l'explosion. Ils ont dit ignorer à ce stade si une bombe en était à l'origine ou si un projectile a été tiré en direction du bus, sur l'avenue Mohamed V.
               
Des ambulances ont afflué sur les lieux et les forces de sécurité ont rapidement bouclé le secteur.

"Je montais dans ma voiture, avenue Mohamed V, quand une énorme explosion s'est produite. J'ai vu le bus voler en éclats. Il y avait des corps et du sang partout", a rapporté un témoin nommé Bassem Trifi.

Selon le ministère de l'Intérieur, il y aurait au moins 12 morts et 17 blessés.

L'état d'urgence décrété

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a proclamé ce soir l'état d'urgence en Tunisie et un couvre-feu dans le Grand Tunis. "Au vu de cet évènement douloureux, de cette grande tragédie (...) je proclame l'état d'urgence pour 30 jours aux termes de la loi et un couvre-feu dans le Grand Tunis à partir de 21h jusqu'à demain 5h00", a déclaré le chef de l'Etat dans une brève allocution télévisée.

Réactions françaises

"Je condamne avec la plus grande fermeté ce lâche attentat qui vient de nouveau de frapper Tunis. La France est plus que jamais aux côtés de la Tunisie, de ses autorités et de ses forces de sécurité, dans ces moments douloureux", a déclaré le chef de l'Etat depuis Washington, où il a rencontré un peu plus tôt dans la journée le président Barcak Obama.

"Les Républicains condamnent avec la plus grande fermeté l'attentat qui a fait plusieurs victimes parmi la sécurité de la présidence de la République. Ils expriment leur solidarité avec le peuple tunisien durement touché. Nos pensées vont aux victimes, à leurs proches, et aux nombreux blessés", a affirmé Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains, dans un communiqué.

La Tunisie endeuillée à plusieurs reprises

Le 18 mars dernier, la Tunisie est touchée en plein cœur. Des terroristes attaquent le musée du Bardo à Tunis faisant 22 morts. Un peu plus de trois mois après, l’histoire se répète. Cette fois-ci, c’est un homme seul qui s’attaque à des touristes dans un hôtel près de Sousse. Le bilan est dramatique : 39 personnes sont tuées. La police britannique en est désormais certaine : il existe une connexion évidente entre ces deux attaques djihadistes, revendiquées par l'Etat islamique.

"Nous avons établi un lien évident entre l’attentat du Bardo et celui qui s’est produit à Sousse", avait affirmé mercredi 5 août Richard Walton, le directeur de la cellule antiterroriste britannique.

15 personnes inculpées

L’enquête des autorités tunisiennes, assistées par les Britanniques, dont 30 ressortissants avaient trouvé la mort, dans le cadre de l’attaque de Sousse, avait permis l’arrestation de 150 personnes. 15 d’entre elles ont été inculpées pour terrorisme depuis.