Tunisie: Tataouine retrouve le calme avec la réouverture de la frontière libyenne

L’heure est à l’accalmie dans le sud du pays après plusieurs jours de tensions sur fond de crise économique et sociale.

Avec notre envoyé spécial à Tataouine,  Michel Picard

Le mouvement de protestation de Tataouine a baissé d’intensité et le gouvernement s’est engagé à annoncer la semaine prochaine des mesures de soutien à cette région du grand sud où le chômage atteint 30%. Le marché noir et la débrouille sont le quotidien de nombreux jeunes de la région qui se réjouissent de la réouverture des frontières aujourd'hui, fermées depuis mars en raison du coronavirus. Les barrières des postes frontières de Ras Jedir et Dhiba Wazen vont de nouveau se lever. Une bouffée d’oxygène financière pour de nombreux jeunes de Tataouine qui ont l’habitude d’aller acheter moins cher en Libye des produits revendus ensuite en Tunisie. Un commerce informel aux multiples produits phares selon Rafik, la trentaine :

« Ils font le business avec les cigarettes, l’essence, les climatiseurs, les télés, les portables, qu’ils vendent ici à Tataouine. Il y a des gens qui revendent à la frontières, des gens qui vont ramener ici en voiture, il y a des gens qui vont ramener jusqu’à Tunis centre. Il y a des gens qui gagnent très bien et des gens qui gagnent un petit peu. »

Une économie parallèle souvent assimilée à de la contrebande ou du trafic. Des mots qu’Houssein ne supporte pas : « Ils ne braquent pas, ils ne vendent pas de la drogue, ils ne font vraiment que travailler pour gagner leur pain. »

Pour le maire de Tataouine, dont la région vit de commerce avec la Libye voisine, la fermeture physique des centaines de kilomètres frontaliers l’an dernier par un système de surveillance moderne pour lutter contre le terrorisme, doit être accompagné de mesures de relance économiques. « Ça va entraîner des problèmes si l’État tunisien ne trouve pas de solution pour l’emploi et le développement. Par exemple à Dehiba et Remada, ça va exploser très prochainement », prédit Boubaker Souid.