Tunisie: soupçonné de blanchiment d'argent, Nabil Karoui conserve le soutien de son parti

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L’arrestation et la mise en détention pour blanchiment d'argent de l’ex-candidat à la présidentielle, Nabil Karoui, a suscité de vives réactions au sein de son parti, Au cœur de la Tunisie, qui compte 30 sièges à l’Assemblée. Ses députés ont tenu, vendredi 25 décembre, une conférence de presse au parlement.

Une expertise de 870 pages qui pointe certains mécanismes frauduleux et des fonds d’origines inconnues remontant à 2006 : c’est ce rapport de la justice qui a valu à l’homme d’affaires Nabil Karoui de retourner en prison ce jeudi, plus d’un an après sa libération, explique depuis Tunis Lilia Blaise. Pour les députés de son parti, comme Oussama Khlifi, il s’agit d’un harcèlement politique :

« Le parti Qalb tounes (Au cœur de la Tunisie) reste confiant et nous sommes sur le bon chemin. Si Nabil Karoui a payé le prix de la diabolisation et du harcèlement, nous restons unis et solidaires. »

D’autres, comme le parlementaire Iyadh Elloumi, appelle à respecter le processus judiciaire. Lors de la première arrestation de Nabil Karoui, en août 2019, pour les mêmes motifs de suspicion de blanchiment d’argent et de fraude fiscale, ses partisans avaient dénoncé l’instrumentalisation politique du dossier, en pleine campagne électorale, et des vices de forme.

« Aujourd’hui, c’est autre chose. Sur le plan de la forme, nous n’avons rien à reprocher. C’est le juge d’instruction qui a émis un mandat d’arrêt contre lui – qui est préventif encore une fois –, qui durera au plus deux à trois semaines, avant qu’on revienne à la charge avec un rapport qui commente l’expertise », confie Iyadh Elloumi.

Ghazi Karoui, le frère de Nabil Karoui, devrait être entendu dans la même affaire le 29 décembre par le juge d’instruction. Le parti islamiste Ennahda a réagi dans un communiqué en soutenant le parti Au cœur de la Tunisie face à la campagne de diffamation dont Nabil Karoui aurait fait l’objet après son arrestation.