En Tunisie, la société civile dénonce le projet de nouvelle Constitution qui renforce les pouvoir du président

© ALGERIAN PRESIDENCY/ANADOLU AGENCY/ANADOLU AGENCY VIA AFP

Jeudi matin, au sommet d’un grand hôtel du centre-ville de Tunis. Une cinquantaine de représentants de la société civile sont réunis au neuvième étage du bâtiment. À une semaine de la tenue du référendum de dimanche sur la Constitution, ils sont venus dénoncer le projet présidentiel. « Nous nous sommes révoltés pour la dignité […]. Où en est-on de tout cela ? », lance d’un ton solennel Neila Zoghlami, à la tête de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), évoquant la « peur d’un retour en arrière », dix ans après la révolution ayant mis fin, en 2011, au règne de Ben Ali. « Nous sommes réunis pour dire non et mille fois non […] à ce référendum, non au recul sur l’acquis des libertés », conclut-elle, à l’issue d’un long discours, sous les applaudissements d’une assemblée de membres d’ONG, militants, avocats ou encore syndicalistes.

Un recul majeur des libertés civiles

Ces acteurs ont accompagné ces dernières années la transition démocratique du pays et s’attendent à un recul majeur des libertés civiles une fois le texte voté. Les signes annonciateurs se sont multipliés ces derniers mois dans de nombreux secteurs. « La télévision nationale a interrompu tous les programmes de débats politiques », explique Amira Mohamed, ­productrice de Midi Show sur Mosaïque FM, l’émission politique la plus écoutée du pays, à laquelle, assure-t‑elle, « les membres du gouvernement refusent désormais de participer ». Accusés d’avoir relayé des fake news, plusieurs journalistes ont été...


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