En Tunisie, la révolution au quotidien

Par Hèla Yousfi* pour Theconversation.com
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Dix ans après la révolution, le chômage touche plus d'un jeune sur trois, et les restrictions sanitaires ont accentué la crise sociale en détruisant des dizaines de milliers d'emplois.
Dix ans après la révolution, le chômage touche plus d'un jeune sur trois, et les restrictions sanitaires ont accentué la crise sociale en détruisant des dizaines de milliers d'emplois.

Le 14 janvier 2021, dix ans après la chute de Ben Ali, l'histoire insiste, s'obstine et se répète inlassablement en Tunisie : un berger de la région de Siliana, dans le nord-ouest de la Tunisie, s'est fait agresser par un policier, parce que son troupeau de moutons était entré dans le siège du gouvernorat en traversant la route. Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, on peut voir un policier pousser le jeune homme en lui disant : « C'est comme si tu insultais le ministère de l'Intérieur en laissant tes moutons devant cette institution. »

La réaction des jeunes de Siliana et d'autres quartiers populaires ne s'est pas fait attendre, rappelant que les événements historiques, comme l'immolation de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010, ne sont pas des séquences de l'histoire, mais s'étendent à l'avant et à l'après dans le temps, ne se révélant que progressivement. Depuis une dizaine de jours, un peu partout en Tunisie, des protestations nocturnes sont organisées par les jeunes avec des revendications radicales, imputant la responsabilité de la crise économique et politique à l'ensemble de la classe politique et, notamment, à la première force au sein du Parlement, le parti « Ennahdha ».

Ces protestations ont été violemment réprimées par la police. Plusieurs appels ont alors été lancés sur les réseaux sociaux par des acteurs de la société civile pour faire de la date du 26 janvier 2021, jour anniversaire de la révolte du 26 janvier 1978 ? le premier face [...] Lire la suite