Tunisie : un nouveau vent révolutionnaire ?

Par Mohamed Kerrou* pour Theconversation.com
·1 min de lecture
La police tunisienne empêche les manifestants d'accéder au bâtiment du Parlement, le 26 janvier 2021, à Tunis.
La police tunisienne empêche les manifestants d'accéder au bâtiment du Parlement, le 26 janvier 2021, à Tunis.

Depuis le mois de décembre, la colère ne cesse de monter en Tunisie. De nombreuses manifestations, parfois violentes, ont eu lieu dans plusieurs villes tunisiennes. Ces violences coïncident avec le dixième anniversaire de la révolution et la première année au pouvoir du président Kaïs Saïed. Quelle lecture faut-il faire de ces derniers développements ? Augurent-ils d'une nouvelle révolution ?

Les limites organisationnelles du mouvement contestataire

Si l'on examine la contestation de près, on se rend compte que celle-ci est faiblement structurée et tient plutôt de la logique de l'émeute et du mouvement non organisé.

Certes, la révolution tunisienne prit forme dans un terreau émeutier qui s'était constitué dans le sillage de l'immolation de Mohamed Bouazizi. Cependant, elle s'en distingua par une volonté de rupture affichée. Celle-ci était véhiculée par le slogan fondamental « le peuple veut la chute de l'ordre » (« nidham ») », ainsi que par le rôle moteur de la centrale syndicale l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), qui décréta à l'époque une grève générale suivie à l'échelle nationale.

Or rien de tel n'émerge de la vague de protestations qui s'est développée en relation avec le dixième anniversaire de la révolution ? un anniversaire que le gouvernement refusa de célébrer en décrétant, pour des raisons plus politiques que sanitaires, un « confinement ciblé » de quatre journées.

Cette décision provocatrice engendra la sortie dans la rue des jeune [...] Lire la suite