Tunisie: le nouveau gouvernement de Najla Bouden-Romdhane a prêté serment

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Onze semaines après le coup de force du président, la composition du cabinet a été validée par Kaïs Saïed qui a signé le décret de nomination. Les nouveaux membres ont prêté serment lors d’une cérémonie, retransmise en direct, au palais de Carthage.

Avec notre correspondante à Tunis, Amira Souilem

Dirigée par Najla Bouden-Romdhane, la nouvelle équipe gouvernementale compte vingt-cinq membres, dont neuf femmes. Parmi eux, Samir Saïd, un ancien du secteur bancaire qui hérite du ministère de l’Économie, un poste aux enjeux importants dans un pays en crise.

Des portefeuilles d’envergure ont été confiés à des proches du président. C’est le cas de l’avocat Taoufik Charfeddine, nommé à l’Intérieur. Un poste qu’il avait déjà occupé quelques mois entre 2020 et 2021, avant d’être limogé par Hichem Mechichi, l’ancien chef du gouvernement un temps en guerre ouverte avec le président.

Même scénario pour Leïla Jaffel, ancienne ministre, elle aussi, éconduite par l’ex-Premier ministre. Cette magistrate, qui a la confiance de Kaïs Saïed, prend la tête du ministère de la Justice.

Une équipe qui, en plus de la cheffe du gouvernement, géologue de formation, compte d’autres universitaires. C’est le cas du ministre de la Défense, de celui des Technologies, de la Santé, mais aussi de la Jeunesse et des Sports.

Le penchant du président tunisien pour les universitaires semble donc se vérifier aujourd’hui. Une tendance qui fait dire à certains Tunisiens que leur Conseil des ministres devrait désormais avoir des allures de conseil de classe.

Le président réaffirme son rôle

Visiblement encore marqué par le bras de fer qui l’a opposé pendant des mois à son ancien chef du gouvernement - Hichem Mechichi - Kaïs Saïed s’est entouré - cette fois-ci - de personnes qu’il connaît et peu politisées.

A l’image de la cheffe du gouvernement, l’équipe gouvernementale est composée essentiellement de personnes qui ont sa confiance, principalement des universitaires et des technocrates. C’est le cas particulièrement des ministres de l’Economie, de la Justice ou encore de l’intérieur.

La cérémonie de prestation de serment a été l’occasion pour le président tunisien de réaffirmer son rôle central.

Le gel du Parlement était – martèle-t-il - une « nécessité absolue ». Brandissant une douzaine de photos de députés en venant aux mains ou encore le visage ensanglanté, il a insisté sur l'incompétence de ces derniers. Un rappel qui sonne comme une mise en garde.

Visages fermés. Masqués. Les 26 ministres ont écouté religieusement. C’est bien au président - qui, au détour d’une phrase, glisse qu’il a composé lui-même le gouvernement - qu’ils devront rendre des comptes.

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