Tunisie : sous mandat de dépôt pour "espionnage", un expert de l’ONU sur la Libye risque la peine de mort

Alain Chémali
Arrêté au mépris de son immunité diplomatique en tant qu'expert de l’ONU du comité des sanctions sur la Libye, Moncef Kartas est accusé d'"espionnage au profit de parties étrangères".

Crise ouverte entre la Tunisie et l’ONU autour de l’affaire Moncef Kartas, membre du panel d’experts du comité des sanctions sur la Libye de l'ONU, chargé de surveiller l’embargo sur les livraisons d’armes à ce pays. Titulaire de la double nationalité germano-tunisienne et consultant sur les questions de sécurité, il avait été arrêté par les services de renseignement le 26 mars 2019, à son arrivée à l’aéroport international de Carthage.

Intelligence avec des parties étrangères

Il a été déféré devant le procureur général de la République, Béchir Akremi, "dont la proximité avec les islamistes est connue", selon site Mondafrique, qui l'a aussitôt placé en détention malgré son immunité diplomatique, pourtant confirmée par l’ONU.

Selon le site France news 24, le fonctionnaire de l'ONU préparait un rapport révélant que "le blocus onusien sur les armes en Libye avait été violé par la Turquie et le Qatar, via la Tunisie". Il épinglerait même "la complicité de certains leaders politiques tunisiens". Il devait présenter ce rapport au moment du sommet de la Ligue arabe des 30 et 31 mars à Tunis, auquel avait participé le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Après quinze jours de garde à vue, "le juge d'instruction a émis un mandat de dépôt contre Moncef Kartas et une autre personne, et ordonné l'ouverture d'une enquête sur l'acquisition d'informations sécuritaires liées à la lutte contre le terrorisme et la diffusion de ces informations en violation de la (...)

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