Tunisie: l'arrestation d'un restaurateur ambulant révèle les problèmes de la bureaucratie

En Tunisie, la street food existe à chaque coin de rue, à travers des échoppes de casse-croûte ou encore des marchands ambulants de sandwichs, de mlewis, sorte de crêpes, et de chapatis. Pourtant, lorsque Habib el Bey démarre un food truck à succès pendant le ramadan, il est arrêté, faute d’autorisation. L’affaire a fait polémique dans le pays, car elle révèle le manque de réglementation dans ce secteur qui attirent de plus en plus de jeunes.

Avec notre correspondante à Tunis, Lilia Blaise

Dans les rues de Tunis, certains passants reconnaissent Habib, 27 ans. Pendant les soirées du ramadan, en plein quartier populaire de Bab El Khadra, il a lancé un concept de foodtruck de sandwichs avec une sauce spéciale et de nombreuses animations.

Un concept inédit en Tunisie que le photojournaliste Yassine Gaïdi a immortalisé dans des clichés : « J’ai jamais vu Bab El Khadra, assez vivante, assez coloré, assez animé comme ces jours-là, comme ce ramadan-là. »

Mais juste après la parution des photos sur les réseaux sociaux, Habib est arrêté par les autorités. Il n’a pas d’autorisation pour son commerce : « J’ai essayé d’obtenir une autorisation, mais je n’ai jamais eu de réponse et pendant ce temps-là, les gens qui travaillent avec moi ont besoin de gagner leur vie, tout comme moi, explique le restaurateur. Nous n’avons pas pu attendre, le mois de ramadan, c’est le meilleur mois pour ce genre d’activité, car les gens sortent le soir. Finalement, il y a eu l’arrestation et je comprends la décision des autorités. »

Les défaillances de la bureaucratie tunisienne

Habib ne veut plus avoir de problèmes avec les autorités et il est prêt à faire les choses dans les règles… Mais son arrestation a révélé les défaillances administratives et les problèmes bureaucratiques du pays qui bloquent souvent de jeunes entrepreneurs comme Habib. « Cette histoire ne m’a pas découragé, au contraire, je vois cela comme un défi », affirme-t-il.

Un défi de faire pression pour que le secteur soit mieux régulé. Habib veut aussi utiliser sa nouvelle notoriété pour encourager d’autres jeunes à se lancer dans un pays où le taux de chômage de la jeunesse atteint les 40%.

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