Tunisie : l’humour sur le coronavirus est-il compatible avec la religion et le "sacré" ?

Laurent Ribadeau Dumas

Une étudiante de 26 ans, Emna Chargui, doit être jugée le 28 mai 2020 à Tunis pour "atteinte au sacré". Motif : le 4 mai, pendant le confinement lié au Covid-19, elle avait partagé sur son compte Facebook un texte humoristique intitulé "Sourate Corona", parodiant une sourate du Coran et imitant une page du texte sacré musulman. Elle a été menacée sur les réseaux sociaux.

A l’origine, le pastiche a été écrit par un internaute athée algérien vivant en France. "Il n'y a pas de différence entre rois et esclaves, suivez la science et laissez les traditions", peut-on notamment lire dans ce texte présenté comme une page du Coran.

"Incitation à la haine entre les religions"

La réaction des autorités ne s'est pas faite attendre. Le parquet a immédiatement ouvert une enquête. Et dès le 5 mai, la jeune femme a été convoquée par la police. Le lendemain, elle a été entendue dans le bureau du procureur par sept enquêteurs, selon l’ONG Human Rights Watch (HRW). L’un d’entre eux lui aurait expliqué qu’"il n’y a pas de liberté d’expression quand on touche à la religion". Résultat : elle est poursuivie pour "atteinte au sacré", "atteinte aux bonnes mœurs et incitation à la violence".

La justice se base sur l’article 6 de la Constitution (...)

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